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- Lundi 28 avril à 14h55, dans le cadre de l'émission le Carnet du libraire d'Augustin Trapenard sur France Culture, Sidonie Mézaize, de la librairie Kyralina à Bucarest, parlait de Rien (qu'une affaire de regard).

- Samedi 14 juin de 17h à 18h, Pierre Jourde, Guy Goffette et moi-même étions les invités d'Augustin Trapenard pour son émission le Carnet d'or, qui portait sur le thème de la réécriture.

20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 10:29

Deuxième moitié de mon vieux Koubla Khan, d’après Coleridge.

 

 

***

 

Du dôme de plaisir l’ombre claire et diaphane

Nage parmi les flots à jamais répandus

Tandis que de l’abîme et de la source émane

L’harmonieuse rumeur de leurs sons confondus

 

Chauffé par le soleil inondé de lumière

Un dôme de plaisir a sous sa fondation

Un abîme de glace et de ténèbre entière

Miraculeux dessein prodigieuse invention

 

***

 

Un soir j’eus la vision d’une vierge abyssine

Qui jouant un doux air à mes yeux se montra

Et j’entendais le chant de sa voix cristalline

Célébrer les merveilles du mont Abora

 

Puissé-je au plus profond de mon être revivre

L’unique symphonie l’harmonie de son chant

Qui d’insondables joies de délices m’enivre

Et me ravisse enfin au monde du couchant

 

Alors dans cette voix divine et musicale

Pourrais-je me bâtir perdu parmi les airs

Ce dôme de soleil cette glace abyssale

Dont cet air éternel peuplerait les déserts

 

Et tous ceux qui auraient ce qu’il faut pour entendre

Contempleraient le gouffre énorme se creuser

Et s’ériger le dôme et les flots se répandre

Et l’océan mugir et la source fuser

 

Et tous ils s’écrieraient « Prenez garde à cet être

Celui dont les éclairs illuminent les yeux

Lui dont la chevelure aux grands vents s’enchevêtre

Vous tous écartez-vous désormais de ces lieux

 

Détournez vos regards pleins de saintes paniques

Tracez autour de lui trois cercles agrandis

Car il s’est abreuvé de l’eau sombre des criques

Et il a savouré le lait du Paradis »

 

http://media-cache-ak0.pinimg.com/736x/5d/52/9e/5d529ef457541bf154a5df939853eab7.jpg

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 16:03

Un hasard : trois lectures de suite de textes écrits par-dessus un autre – Mariana, Porgugaise, N’oublie pas, s’il te plaît, que je t’aime et aussi, juste avant, La Chanson du Mal-Aimant. Trois manières différentes de palimpsestes, pour dire comme Genette. C’est ce à quoi je pensais en me disant que moi, tiens, non, jamais de palimpseste, au moins avoué, quand soudain m’est revenu en mémoire la preuve du contraire : quand j’étais étudiant en anglais (c’est vrai, tiens, j’ai été étudiant en anglais), pris de passion pour la poésie de Coleridge que nous étudiions en deuxième année de DEUG, si je me souviens bien, j’avais entrepris de le traduire en français et en alexandrins rimés, dans l’idée d’aboutir à quelque chose de forcément assez éloigné de la traduction littérale, éloigné aussi de la prosodie anglaise, mais de moins loin peut-être de ce que Coleridge aurait pu écrire s’il avait été français. Pour son fameux Kubla Khan, ça donnait ceci, travail d’écolier sans doute qui réclame votre indulgence, mais qui dit peut-être un peu quelque chose quand même (comme le poème est un peu long je n’en poste que la première moitié) :

 

Koubla Khan

(from S.T.C.)

 

Or ce jour fut celui d’un décret mémorable

Koubla Khan ordonna qu’un dôme de plaisir

S’érige en Xanadou ce pays improbable

Où les flots de l’Alphée s’écoulent à loisir

 

Là le fleuve sacré oriente et gouverne

Son eau claire à travers les noires profondeurs

De la terre où s’entrouvre une haute caverne

Un espace intérieur impensable aux sondeurs

 

Les flots torrentueux se perdent en cascades

Dans les noirceurs sans fond des gouffres en sommeil

Où l’onde se courbant en de larges arcades

Pénètre dans le cœur d’une mer sans soleil

 

***

 

Ainsi fut circonscrit de tours et de murailles

Un domaine atteignant cinquante mille arpents

Où de vertes prairies aux gracieuses rocailles

S’ornaient de frais ruisseaux et d’arbustes grimpants

 

Il s’exhalait des prés des senteurs délicieuses

Qui embaumaient les monts imprégnaient les forêts

A la flore opulente aux essences précieuses

Messages fabuleux des antiques secrets

 

Profondeurs d’un abîme ouvert sous la colline

Qu’ombrage le feuillage obscur et épineux

D’un cèdre séculaire énorme et qui domine

Le site du farouche et du vertigineux

 

Sauvage lieu d’essence enchantée consacrée

Aux folies d’une femme enflammée d’un amour

Que son démon d’amant plus ardemment recrée

Aux feux évanescents de la lune et du jour

 

Depuis cet insondable abîme qui bouillonne

Comme soulevé par un grand halètement

De la terre soudain jaillit et tourbillonne

Le flot d’une fontaine aux éclairs de diamant

 

Au travers des puissants surgissements de l’onde

Fusaient à tout moment des rochers colossaux

Comme des grains de blé s’envolent à la ronde

Sous les coups répétés des fléaux et des faux

 

En un domaine immense étirant son méandre

A travers les vallées les forêts et les monts

Pour dans le gouffre obscur et sans fin se répandre

Le flot sacré laissait ses fertiles limons

 

Enfin des trombes d’eau la clameur magistrale

Depuis les profondeurs de la mer redoubla

Et résonna pareille à la voix ancestrale

Qui prédisait la guerre à l’esprit de Koubla

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/0/03/KublaKhan.jpeg/350px-KublaKhan.jpeg

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 17:50

Je ne sais pas si j’ai commis d’autres textes reposant sur le même genre de malentendu (rappelez-vous). C’est bien possible, mais je ne m’en souviens pas. Il faudrait fouiller. Tout de même, un peu plus tard, cherchant encore le sens dans le son, j’ai écrit ceci :

 

 

Navires en réflexion négative autour d’une noyade

 

 

C’est comme un tableau.

Au centre un personnage à l’air commun, d’âge indéfini, se perd au sein d’un paysage double.

Il regarde vers la droite, d’où la blanche lumière vient, sa face tournée vers le premier quart de la lune. Elle éclaire les façades d’un quartier suburbain dont les dix riches pavillons forment un lumineux décor.

La clarté s’affadit vers le centre, elle se perd, elle nage, elle dessine à peine les ondulations du vaste terrain vague où se tient chancelant l’unique personnage qui s’adresse à la lune.

Vers la droite s’étend, symétrique et faisant face au fastueux décor des dix pavillons éclairés, une zone d’ombre et de décombres fascinantes, où se découpent vaguement les masses à l’abandon d’une dizaine de bâtiments où l’on ne vit pas.

 

1989

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 11:19

« Le procédé évolua et je fus conduit à prendre une phrase quelconque, dont je tirais des images en la disloquant, un peu comme s’il se fût agi d’en extraire des dessins de rébus.

Je prends un exemple, celui du conte Le Poète et ta Moresque (page 121 et page 253). Là je me suis servi de la chanson « J’ai du bon tabac ». Le premier vers : « J’ai du bon tabac dans ma tabatière » m’a donné : « Jade tube onde aubade en mat (objet mat) a basse tierce. » On reconnaîtra dans cette dernière phrase tous les éléments du début du conte. »

 

Bon, coupé comme ça à la va-comme-je-te-pousse on risque de ne pas bien comprendre mais si je vous dis que c’est chez Raymond Roussel et plus précisément dans Comment j’ai écrit certains de mes livres que je relève ce passage ce sera sûrement plus clair et si ça vous donne envie de le relire c’est ici.

Et tout de suite quelque chose en moi réagit qui n’est pas juste le lecteur. Car le goût de ce qu’on ne comprend pas bien a priori, ce goût du malentendu, il y a longtemps que je le cultive (parfois même au pied de la lettre). Formidable sujet, cela dit, le malentendu : on vit dedans. (Me dis-je tout en lisant Roussel qu’évidemment je prends pour moi, le malentendu aidant.) Et d’un coup je me souviens. (Parce que ça, j’avais complètement oublié. Mais alors complètement.)

C’était un poème de Du Bellay, que nous étudiions au lycée, c’était sans doute au lycée ; j’imagine que c’était en terminale, j’avais repris un peu de français en plus, c’était sûrement en terminale, parce que l’année suivante enfin bref. Retrouver le poème, ce n’est pas bien difficile. Tenez, c’est celui-là, dans l’Olive (je vous le fais avec l’orthographe moderne parce que je crois me souvenir que dans le Lagarde & Michard c’était l’orthographe moderne) :

 

Déjà la nuit en son parc amassait

Un grand troupeau d’étoiles vagabondes,

Et pour entrer aux cavernes profondes,

Fuyant le jour, ses noirs chevaux chassait;

 

Déjà le ciel aux Indes rougissait,

 Et l’aube encor, de ses tresses tant blondes

Faisant grêler mille perlettes rondes,

De ses trésors, les prés enrichissait ;

 

Quand d’occident, comme une étoile vive,

Je vis sortir dessus ta verte rive,

O fleuve mien ! une nymphe en riant.

 

Alors, voyant cette nouvelle aurore,

Le jour honteux d’un double teint colore 

Et l’Angevin et l’Indique Orient.

 

Sur le thème donc bien connu de la belle Matineuse. J’ai dû découvrir ce poème par l’oreille avant l’œil, ignorant à l’époque que celui-ci était à l’intérieur de celle-là, et du coup je n’ai pas tout de suite compris le dernier vers. Ou plutôt, j’ai compris autre chose – qui n’allait pas du tout avec le reste du poème, évidemment. N’empêche que ça m’a travaillé, à l’époque, cette incompréhension. Tant et si bien que je me suis pris à réécrire le poème (ou plutôt un poème) avec en point de mire le vers final, tel que je l’avais compris à la première écoute. Et comme j’ai eu la bonne idée de ne rien jeter de mes vieux papiers (même si j’en ai perdu un peu), je le redécouvre aujourd’hui :

 

La belle est matineuse

 

« Pour mon salut je ferais sacrifice

De tout ce que je pus jamais rêver »

Ainsi crie-t-il à de rage baver

Dans les airs plane un obscur maléfice

 

« Ange divin sans peur et sans malice

Je cherche l’huis et ne le puis trouver

Fais la magie qu’il faut pour me sauver »

L’Etre dit « Soit Je ferai mon office »


Aux alentours le paysage fume

Sous le regard de l’Archange sans plume

Il tombe face à l’obscur Orient


Coule son sang que la ténèbre couvre

Le jour se lève et la porte s’entrouvre

Et l’Ange vient et l’indique en riant

 

 

Evidemment, comme le dit Roussel un peu plus loin dans Comment j’ai écrit certains de mes livres,

« Ce procédé, en somme, est parent de la rime. Dans les deux cas il y a création imprévue due à des combinaisons phoniques.

C’est essentiellement un procédé poétique. Encore faut-il savoir l’employer. Et de même qu’avec des rimes on peut faire de bons ou de mauvais vers, on peut, avec ce procédé, faire de bons ou de mauvais ouvrages. »

Tout de même, j’ai quelque plaisir à constater comment la confusion, au départ sonore et toute bête, devient sans doute un peu au-delà de moi-même le thème du poème (que j’ai commis il y a donc une bonne trentaine d’années et qui réclame votre indulgence). Et puis surtout, puisque se relire est aussi se relier, à voir comment la conscience de l’éventualité de prendre une chose pour une autre perdure encore dans ce que j’écris aujourd’hui.

malentendu.jpg

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29 avril 2012 7 29 /04 /avril /2012 11:33

L’AGE LEGAL

 

 

Bob est bébé

il dort dans son berceau

Bob éveillé

boira son biberon

 

Bob a grandi

et il joue au cerceau

Il a bobo

et mange des bonbons

 

Bob est un homme

et il boit de la bière

lorsque le cueille

un beau brin de brunette

 

Bob est un mort

que l’on serre au cercueil

Il est bouclé

et sa boucle est bouclée

 

 

1991

 

http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/4/4b/Berlin_Painter_Ganymedes_Louvre_G175.jpg/290px-Berlin_Painter_Ganymedes_Louvre_G175.jpg 

(Il y avait un bout de temps que je n’avais pas ouvert ce hublot rétrospectif. De temps en temps ça fait du bien d’aérer un peu.)

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20 octobre 2011 4 20 /10 /octobre /2011 16:09

j’ai arrêté d’écrire

en 1991

des vers.

 

 

O

 

Oroboro oroboro oroboro

Oracle rendu par le prêtre troglodyte

D’un peuple d’ophidiens souffrant d’encéphalite

O – long cri rond sans fin du retour à zéro

 

Ordre où finalement la source est estuaire

Et la naissance inscrite en livre obituaire

Où dans l’ultime instant un retour radical

 

Change un serpent mortel en lien ombilical

En berceau une bière obscure et mortuaire

En langes délicats un pale et froid suaire

 

Ordre où sans fin l’on voit les mêmes numéros

Décrire dans l’espace une éternelle orbite

Autour d’une origine aux grands vers circonscrite

O – l’Omphale au tour d’or orné d’Ouroboros

 

1991

 

 

J’aurais bien dû attendre une autre année palindrome pour ressortir celui-là – une réponse à S – mais j’ai raté 2002. Bien sûr j’ai bon espoir d’atteindre 2112 en pleine forme, je fais le nécessaire – mais peut-être alors aurai-je arrêté d’écrire

ce blog.

ouroboros.jpg

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9 juin 2011 4 09 /06 /juin /2011 21:20

LE CLIENT (mécaniquement) : Les rôles s’inversent, remarquez-vous ?

LA PATRONNE (idem) : Il doit y avoir là-dessous quelque processus cyclique.

LE CLIENT (idem, un peu plus fort) : Comme chez les escargots.

LA PATRONNE (idem) : Vous servez des… (ton normal) mais non, ça n’aurait pas de sens.

L’HOMME : Je ne vous le fais pas dire.

LE CLIENT (à part) : Je me sens profondément malheureux.

LA PATRONNE (dubitativement) : Peut-être… (plus fort et mécaniquement) Servons-nous des escargots ?

(Entre une serveuse)

LA SERVEUSE : De toutes façons, leur ramassage est interdit en cette saison.

 

 

escargotJuin, c’est la saison du rhume des foins. Il y a vingt-cinq ans, c’était déjà la saison du rhume des foins. Pendant longtemps, ça a aussi été la saison des représentations théâtrales. Il fallait vivre en même temps et sans catastrophe ces deux saisons : celle du rhume des foins et celle des représentations théâtrales. A mon souvenir, ça s’est toujours bien passé – ce qui, quand mon nez y repense, tient du miracle. Ça s’est bien passé notamment il y a exactement vingt-cinq ans, lorsque nous avons interprété une pièce que j’avais commise (et qui d’ailleurs datait déjà – de la fin de l’année 82) et modestement intitulée Vision de l’en-deçà. Je n’en montrerai pas davantage (non, vraiment, n’insistez pas), mais j’en profite pour saluer mes complices de l’époque. Vous m’avez déjà reconnu dans le rôle de l’homme : je ne vous le fais pas dire. (C’était histoire de mettre un escargot dans mon hublot rétrospectif. Ça va bien, je trouve, un escargot dans mon hublot rétrospectif.)

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20 septembre 2010 1 20 /09 /septembre /2010 06:30

forêt gelée 06-01-2010 001

Il n’y a pas de biographie de moi sur Internet. Ça manque. Alors voilà :

En 1964, après avoir observé le monde durant un peu plus d’un an, je décide d’y faire un premier pas officiel. Il paraît que c’était dans le Parc de Sceaux (honnêtement, je ne m’en souviens pas).

En 1971 ou 1972, je fais un nouveau pas (intérieur, personne ne s’en rend compte) : je serai écrivain. Mais je n’écris pas pour autant : je suis trop petit (j’en ai une conscience aiguë, presque douloureuse).

En 1975, je sais bien que je suis toujours trop petit, mais ma résistance est à bout ; je franchis le pas : je me mets à écrire. (J’ai quand même tenu bon trois ou quatre ans !) A partir de 1978 ou 79, ce sera une pratique vraiment quotidienne.

En 1995, ma femme me dit que quand même, avec tout le temps que je passe à écrire, ce serait bien que j’écrive quelque chose qui soit publié. J’obtempère, je commence le texte qui deviendra Une affaire de regard. Je poursuis de nombreux autres projets à côté, sans ambition de publication ceux-là ; à mes yeux il est clair que jamais un éditeur ne regardera de près ce que je fais.

En 2000, je termine Une affaire de regard. Je suis assez content du résultat, mais je ne l’envoie pas, sûr de la réponse. Ma femme le lit et me dit « C’est très bon, ce sera publié ». Je m’extasie devant l’aveuglement de son amour.

En 2001, après avoir tergiversé autant que j’ai pu, j’envoie mon manuscrit aux rares éditeurs dont je connaisse les noms. En réalité je n’y connais rien, je n’ai jamais lu un auteur contemporain. Le Seuil l’accepte tout de suite. Dans quel engrenage ai-je fourré l’orteil.

La suite est à lire, ou reste à écrire.

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 06:47

 

Derniers recours

 

Après plusieurs effondrements ne se soulèvent plus que des grains épars et isolés. Puis le silence s’abat comme une averse molle.

Seuls vestiges d’un tourment révolu des ondulations toujours plus vagues s’effacent dans une apparence de poussière en suspension et de mornes lointains.

Le temps même se fixe en un présent accompli, la personne ne se distingue pas de l’univers d’essence restreinte.

Rien n’offre de prise.

On ne tentera pas de saisir ce qui n’est.

 

1994

 

 

clair.JPGCes dessins de l’autre jour (comme celui ci-contre – qu’on agrandit en cliquant dessus) datent, je l’ai dit, de l’époque où je ne lisais plus. L’autre versant – l’écriture – ne se portait pas tellement mieux, forcément. Dessiner, avant de s’y mettre, paraissait une bouffée d’air, mais c’était de l’air conditionné : très vite ça me renvoyait plus naïvement encore (plus cruellement donc) à la question du sujet (pour faire court) et à la vanité de mes tentatives. Ecrire, de plus en plus, se réduisait à désavouer, effacer, nier. Le blanc de la page, c’était encore ce qu’il y avait de mieux.

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21 janvier 2010 4 21 /01 /janvier /2010 14:09
mer-du-soir.jpg

Hors. Sur une terrasse seule la mer est là lui aussi. Seul lui aussi la terrasse en plein soleil sans nuage. Chaud face à la mer il est seul assis. En hauteur la terrasse en plein soleil dans une berceuse. Face à la mer seul il se balance. En plein soleil hors du temps la mer est bleue l’herbe verte. Seul parmi les formes blanches qui flottent vides autour de lui. Hors des choses la mer brille ses yeux dessus. Sous le ciel bleu il se balance la mer est bleue l’herbe verte. la mer est bleue ses yeux dessus malgré les formes blanches qui flottent. Malgré l’ombre à gauche. Seul malgré les formes malgré l’ombre à gauche verticale. Sur la terrasse seul il se balance face à la mer une ombre à sa gauche verticale. La mer est bleue l’ombre parle un flot continu il se balance sous le soleil. Face à la mer ses yeux dessus il fixe un point. Flot de paroles il se balance le rythme change. Sur la terrasse il se balance l’ombre s’agite le flot saccadé. La mer est bleue dessus un point le flot se perd en hoquets. Sous le soleil il fixe la mer dessus un point l’ombre tombe. Sur ses genoux un objet dur et doux qui hoquète et qui pèse. La mer est bleue. Sur ses genoux sa main dedans se glisse une mèche de cheveux le soleil sur la terrasse. La mer dessus un point sa main dans les cheveux. Le soleil sur la terrasse l’ombre hoquette doucement dans sa main les cheveux. La mer est bleue l’ombre se calme dans sa main toujours les cheveux. La mer est bleue dessus un point qui se trouble.

 

Après coup, 1986.

 

C’est le moment sans doute de rouvrir un peu ce hublot rétrospectif.

En relisant ce texte, je me rends compte que son premier mot, mot-phrase, fut celui que sans me rappeler ce texte-là, bien longtemps après il faut dire, j’ai pensé donner en titre au roman-que-j’ai-écrit-pour-qu’il-soit-publié (et que j’aime beaucoup quand même), Hors ; seule demande de modification de la part de mon éditeur qui craignait que le public ne préfère rester hors – sur le Seuil. (Je n’étais moi-même pas assez convaincu par ce Hors – et le suis moins encore du titre de substitution que j’ai moi-même proposé.)

(On me pardonnera de ne pas préciser davantage pourquoi je propose ce texte aujourd’hui, j’ai payé cher pour me taire ; même si bien sûr les choses ne sont jamais si simples, puisque cinq ans plus tôt sans avoir rien lu ou presque j’écrivais cela, et que trois ans plus tard j’écrirais ceci.)

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Rien (qu'une affaire de regard) couv

Mon premier roman, indisponible depuis des années, fait l'objet d'une réédition revue et corrigée, chez Quidam éditeur bien sûr, sous le titre Rien (qu'une affaire de regard). (Mars 2014)

La quatrième de couverture.

L'accueil de la critique.

Le Carnet du Libraire, sur France Culture.

 

Couv Dans mon oreille
Dans mon oreille, illustré par Henri Galeron, aux éditions Motus (12 septembre 2013).

par le hublot (droit)

(A suivre) - J.d'Abrigeon (2) - L.Albarracin (2) - Albin - P.Alferi (2) (3) - J.Alikavazovic - N.Allan - Altan - T.Arfel - P.Arguedas - M.Arrivé (2) (3) (4) (5) (6) - D.Auby  (2) (3) - P.Autin-Grenier - L.Bablon - JL.Bailly (2) (3) - I.M.Banks - J.Baqué - C.Barreau - L.Bassmann (2) (3) (4) - E.Baudoin (2) - F.Beaune - C.Beauvoir - S.Beckett (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) - B.Bégout - Th.Beinstingel (2) (3) (4) - J.duBellay - L.BenincáG.Bergounioux (2) (3) (4) (5) (6) - P.Bergounioux (2) (3) - A.Bertina (2) - A.Bertrand - H.Bessette - P.Bettencourt - F.Bon - E.Bonnargent - M.Bonnevay - S.Bourgois - A.Bréa (2) - RD.Brinkmann - R.Butlin - O.Cadiot - JL.Caizergues (2) - N.Caligaris - I.Calvino - M.Candré - K.Čapek (2) - Casanova - Cl.Chambard - P.Chamoiseau (2) - G-O.Châteaureynaud (2) - E.Chauvier - E.Chevillard (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12) (13) (14) (15) (16) (17) - Claro (2) (3) (4) - J.Coe (2) (3) - M.Cohen (2) (3) (4) (5) - S.Coher (2) - S.T.Coleridge  (2) - Colette - Y.Colley - M.Cosnay (2) (3) (4) (5) (6) (7)JL.Coudray (2)D.da Silva (2) (3) (4) (5) (6) - D.Decourchelle (2) - M.Desbiolles - A.DiazRonda - A.Dickow (2) - Y.diManno - S.Doppelt - M.Draeger (2) - C.Dubois - M.Duplan - J.Echenoz - R.Elman - Chr.Esnault - J-M.Espitallier - E.Faye (2) - R.Federman (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) - E.deFilippo - J.Filloy - G.Flaubert (2) (3) - F.Forte (2) - Em.Fournier - H.Frappat (2) (3) - Fred - M.Frering (2) - R.Froger - F.Gabriel - A-M.Garat - Ph.Garnier (2) (3) (4) (5) - R.Gary - M.Giai-Miniet - J.Giono - L.Giraudon - G.Goffette - I.Gontcharov (2) (3)S.J.Gould - J.Grandjean - Grimm - F.Griot - D.Grozdanovitch (2) (3) - D.Guillec - P.N.A.HandschinB.Heim (2) - Hergé - O.Hervy - R.Hoban (2) - E.Hocquard - Homère - V.Horton (2) - B.Jacques - R.Jirgl - B.S.Johnson (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) - G.Josipovici (2) (3) (4) - J.Josse (2) (3) - J.Jouet (2) - P.Jourde (2) (3) (4) (5) (6) - F.Kafka (2) - Fe.Karinthy - Fr.Karinthy (2) - P.Katchadjian - J.Lafargue (2) (3) (4) - E.Larher - F.Léal - S.Leclercq - JMG.LeClézio - A.Lefranc (2) - LeGolvan (2) - M.Lentz - P.LePillouër - P.LeQuerrec (2) - D.Lespiau (2) - E.Levé - L.Lionni - H.Lucot (2) - S.Macher - Chr.Macquet - C.Mainardi (2) - LE.Martin - J-P.Martinet - Masse - F.Matton (2) (3) - D.MémoireH.Michaux - P.Michon - C.Minard (2) (3) (4) (5) (6) (7) - H.Mingarelli (2) (3) - Moebius - Chr.Molinier - I.Monk - D.Montebello - J.Montestrela - R.Morgiève (2) - S.Moussempès - J.Mouton (2) - D.Munn - Munoz et Sampayo - Nerval (2) (3) - Ovide - E.Pagano - Y.Pagès - J-F.Paillard - A.Parian - P.Parlant - M.Pautrel - D.Pennac - X.Person - E.Pessan (2) (3) (4) (5) - P.Petit (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12) (13) (14) (15) (16) (17)H.Pinter - E.Pireyre (2) (3) - F.Pittau (2) - V.Pittolo (2) (3) - V.Poitrasson - M.Pons (2) - C.Portier (2) (3) - C.Prigent - D.Quélen - N.Quintane (2) (3) - E.Rabu - E.M.Remarque - M.Rivet - O.Rohe - Cl.Rosset - M.Rousset - AS.Salzman (2) - A.deSandre - N.Sarraute - J.Sautière - A.Savelli (2)E.Savitzkaya  (2) (3) (4) (5) (6) - B.Schulz - O.Scohy - P.Senges - A.Serre (2) - M.Simon - S.Smirou - M.Sonnet (2) (3) - G-Soucy - G.Stubbe - L.Suel - I.Svevo - Y.Ténédim - P.Terzian - A.Tot - E.Venet - R.Verger (2) (3) - M.Villemain (2) - Th.Vinau (2) (3) - A.Volodine (2) (3) (4) (5) (6)C.Wajsbrot - C.Ysmal - F.Yvert