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- Lundi 28 avril à 14h55, dans le cadre de l'émission le Carnet du libraire d'Augustin Trapenard sur France Culture, Sidonie Mézaize, de la librairie Kyralina à Bucarest, parlait de Rien (qu'une affaire de regard).

- Samedi 14 juin de 17h à 18h, Pierre Jourde, Guy Goffette et moi-même étions les invités d'Augustin Trapenard pour son émission le Carnet d'or, qui portait sur le thème de la réécriture.

22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 17:06

As-tu vraiment été surpris ?

La route n’était guère pourtant qu’à deux ou trois centaines de mètres ; cela, du moins, a dû te surprendre un peu, mais après tout elles sont tellement désertes, nos routes.

Le chien avait eu sa pitance juste avant votre départ, le corps aussi était déjà dans un état avancé, trop avancé à son goût sans doute, d’où son rapide désintérêt – déjà le mufle au vent, déjà prêt pour une prochaine trouvaille –, alors que la première jambe était à peine déterrée. Osais-tu penser cela ? Ta pensée était-elle telle que tu l’aurais souhaitée ? N’y avait-il pas en elle quelques idées malséantes et tenaces dont tu ne parvenais pas à te débarrasser ?

C’était un gros homme. Sûrement tu te demandais si la mort avait pu l’amaigrir, s’il n’avait pas été encore plus gros de son vivant. Tu l’avais suffisamment fréquentée, elle, en d’autres lieux, pour pouvoir dater celle-ci de plusieurs semaines, et t’étonner de ces rondeurs persistantes.

La terre était ravinée par la fonte de ces neiges si récentes, si éphémères malgré leur épaisseur, ravinée par l’écoulement des eaux de cet hiver liquide qui continuait de bruire délicatement autour de toi. Toi tu te répétais que tu n’y étais pour rien.

 

 Chroniques imaginaires de la mort vive, p. 51.

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27 août 2011 6 27 /08 /août /2011 19:30

Granville-Chausey-20-au-27-aout-2011-018.jpg

Cependant c’est lui qui, à l’instant même, rompt ce silence d’ailleurs objectivement bref et t’invite à regarder vers la mer : dans la direction de son doigt en effet, on distingue une ligne tremblée mais nettement découpée, gris ou violet foncé, ce sont les îles dont il t’a parlé, mais que tu n’avais pas encore eu l’occasion de voir vraiment, à cause de la brume, et dont l’apparition, selon la rumeur populaire, pourrait être le signe précurseur de turbulences atmosphériques que Paul, pour sa part, n’a jamais vérifiées.

 

Par temps clair, Melville éditeur, 2006, p. 14.

 

C’étaient sûrement les Iles Chausey, ces îles, en face de Granville où, heureuse initiative à saluer en ces temps difficiles, s’est ouverte récemment (en novembre dernier) une belle librairie : le Détour. C’est dans la rue des Juifs, aux portes de la Haute Ville.

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17 août 2011 3 17 /08 /août /2011 19:22

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Mais elle était longue et raide, cette côte, et les écarts forcément se creusaient : le gamin chargé soudain d’une mission jamais espérée caracolait en tête comme un jeune chevreuil insolent et farouche, seul finalement tu parvenais à le suivre, tu t’en rendais compte tandis que le sentier s’élevait et que tu apercevais encore quelques têtes loin derrière, au-dessous de vous – c’est à ce moment seulement sans doute que tu t’es clairement aperçu à quel point tu avais grandi, à quel point désormais ta stature dépassait celle de n’importe quel autre homme à Vauvert.

Enfin derrière la dernière butte ton regard jusque là borné par le relief a pu s’épancher sur les pâturages du plateau.

Au-dessus de l’herbe mouillée à vos pieds une brume rare et basse flottait entre deux hauteurs.

C’était au-dessus du sol ras comme une infinité de petits nuages animés d’un étirement lent et régulier, qui s’en allaient vers les sous-bois. D’autres plus bas et plus denses à même le sol ne bougeaient pas, ils n’avaient pas cette fluidité diaphane et ondoyante, cette propension à se diviser en un délicat déchirement ou au contraire à s’agglomérer au point de ne plus faire qu’un qui caractérisait ceux que dans l’instant tu prenais pour leurs reproductions éthérées.

Ce n’était, à dire sur un mode différent, rien d’autre que les restes d’un troupeau de moutons étendus répandus parmi la pâture et fumant encore du souvenir d’un récent carnage.

 

Chroniques imaginaires de la mort vive, Melville éditeur, 2005, p. 61-62

 

En l’honneur du Pandoménium littéraire, qui rappelle ce texte à nos mémoires.

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21 février 2011 1 21 /02 /février /2011 14:59

Ci-dessous, les occurrences des lettres k et w dans mes cinq romans publiés :

Une affaire de regard : 18 k, 14 w.

Chroniques imaginaires de la mort vive : 1 k, 0 w.

Par temps clair : 27 k, 15 w.

Liquide : 14 k, 11 w.

Monsieur Le Comte au pied de la lettre : 9 k, 14 w.

 

On ne manquera pas de remarquer :

1) l’absence presque totale et très spectaculaire de k et de w dans Chroniques (je ne pensais pas avoir écrit un lipogramme),

2) l’inversion de la proportion des k et des w chez Monsieur Le Comte par rapport à l’ensemble du corpus,

3) l’abondance des k, et même des w, dans Par temps clair par rapport à Une affaire de regard, alors que le roman est un peu plus court, ainsi que la nette prépondérance des k (presque deux fois supérieurs en nombre aux w !),

4) la proportion comparable de k et de w entre Liquide et Une affaire de regard – qui ne doit cependant pas occulter la plus forte concentration de k et de w dans Liquide, si l’on considère que ce dernier est à peu près deux fois plus court qu’Une affaire de regard.

Enfin on ne manquera pas de faire toutes les déductions pertinentes concernant l’œuvre, son auteur et les préoccupations de ce dernier.

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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 18:49
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Encore une fois il se relit, comme à chaque fois qu’il veut écrire. Il prend son roman et le feuillette, à l’envers, puis à l’endroit, puis en lisant toutes les pages dont le numéro se termine par un quatre, puis en lisant une page toutes les neuf pages, en s’efforçant de respecter la règle, de s’arrêter au bas de la page même en milieu de phrase, même en milieu de mot ; peut-être même qu’il le fait à voix haute, pour être sûr de ne pas se tromper. Et ainsi de suite. Il se relit et il se dit « je me relis » et parfois « je me relie » et il éprouve alors quelque chose comme du confort, mal défini. Seule la conscience du temps qui passe l’empêche d’être parfaitement à l’aise, la peur d’être vieux avant d’avoir rien fait, c’est-à-dire de ne plus être jeune, il a l’impression que ce que l’on fait alors que l’on n’est plus jeune compte moins ; il se dit qu’il se prend pour Rimbaud et il rit.

 

Une affaire de regard, p. 78.

 

Moi aussi, je me relis, et je me relie aussi, pourquoi pas. Ça faisait un bail que je n’avais pas relu ce livre d’un bout à l’autre. Pas question en effet de ne relire que les pages dont le numéro se termine par un quatre : si je me relis, c’est parce que ce roman, qui était épuisé, va être réédité chez Quidam. Et je suis bien content. Bien content aussi d’être obligé de le relire : c’est fou tout ce que j’avais oublié. On se souvient mal, hélas, des livres qu’on a lus, même quand on les a aimés ; on ne se souvient guère mieux de ceux qu’on a écrits. Première impression (un peu surpris) : mais il est très bien, ce livre ! Bon, j’y apporterai tout de même par-ci par-là quelques petites corrections. Mais pas trop, je veux respecter ce qu’il est : un premier roman. Donc, trois fois rien. On aura bien l’occasion d’en reparler.

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17 décembre 2009 4 17 /12 /décembre /2009 06:33

 plomberie

Un bruit métallique, net, l’arrête brutalement dans ses actions, et celles-ci se révèlent soudain, à ses yeux, le temps d’un éclair, comme une sorte de gesticulation absurde. Cela est venu de sous l’évier, alors il ouvre la porte du placard, où tient à peine la bouteille de Butagaz. Il y a bien par terre, juste à côté de la bouteille, une sorte de capsule métallique vaguement circulaire qu’il n’identifie pas d’abord. Il la prend cependant dans le creux de sa main, et son poids lui semble l’expression physique de son inquiétude. Il essaie de se distraire en intellectualisant son sentiment, en se disant avec un sourire que c’est un objet qui n’a plus sa place ; mais il se rend compte que, pour une fois, l’inquiétude pratique est plus forte. C’est elle sans doute qui lui fait remarquer que la lumière pénètre discrètement dans l’intérieur du placard par un orifice inhabituel. Il ne peut plus alors ne pas accepter de se rendre compte que la pièce de tuyauterie qui fait un coude et qui est directement reliée à l’évacuation de l’évier présente une ouverture, tangible et nouvelle, que l’objet circulaire qu’il tient en main devrait en principe obturer. Il essaie aussitôt d’adapter le bouchon à son orifice, nul doute que ces deux-là sont faits l’un pour l’autre, mais impossible de faire tenir le bouchon, le pas de vis paraît trop court ; à chaque tentative, le morceau de métal tombe en heurtant la bouteille de Butagaz, avec le même bruit qui l’a une première fois alerté et qui maintenant le blesse comme un rappel à l’ordre ; il lui semble en même temps, en quelque sorte, allégé d’une liberté retrouvée, goûtée, appréciée, et à laquelle rien ne pourra plus désormais le faire renoncer.

Il est indiscutable que la tuyauterie a subi un dommage qu’il n’est pas en mesure de réparer. Il se demande un instant si ce type de réparation incombe au locataire ou au propriétaire, mais le caractère illicite de sa présence dans ce logement, dont il n’est pas le locataire en titre, vient occuper son esprit, et recouvrir un autre sentiment, qu’il connaît bien pour l’avoir souvent éprouvé dans son jeune âge, celui d’avoir commis une faute, une bêtise, qu’il vaut mieux taire, camoufler, et essayer de réparer tout seul. Alors il se dit qu’il faut faire venir un plombier, et cette pensée, même si elle est financièrement pénible, lui permet de se dire qu’il assume ses responsabilités, et en cela elle est finalement presque agréable. Son esprit retrouve d’ailleurs sa vivacité ; c’est le sentiment qu’il éprouve lorsqu’il se dit qu’il n’a qu’à aller à sa boite aux lettres, que parmi toutes les publicités qui la remplissent quotidiennement il trouvera bien les coordonnées d’un plombier.

 

Une affaire de regard, Le Seuil, 2001, p. 192-193.

 

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19 octobre 2009 1 19 /10 /octobre /2009 20:52

Depuis quelques jours, j’ai Chroniques à l’esprit. Je me disais que c’était la forêt qui en cette saison toujours m’appelle, soutenue cette fois par celle de Jérôme Lafargue. Et puis je me rends compte que c’est aussi une disparition qui l’a rappelé à ma mémoire. Bob, comme je ne savais pas qu’on le surnommait, n’a pas été le seul éditeur à réagir à la lecture de ce texte (j’en parle ici, dans ma réponse à la sixième question) – les critiques ont été moins nombreux, hélas (mais tout de même…). Et puis, un peu avant, il y a eu cette animation sur Membrane, le blog très étrange et très beau de Romain Verger – que je vous engage vivement à découvrir si vous ne le connaissez pas encore –, qui ne pouvait pas ne pas m’évoquer les pies fourrageant dans les entrailles de Marie.

 

 

Trois hommes sur le chemin du retour. La fête est finie. Ils ont trouvé la forêt telle qu’ils la connaissaient, ils s’attendaient probablement à autre chose.

L’un d’eux a quand même tiré un lapin. C’est peut-être pire que de rentrer les mains vides. Ils n’en parlent pas.

C’est une consolation quand même de savoir que les autres groupes n’ont pas fait mieux : ils sont sûrs que le signal n’a pas retenti – un, un deux, un deux trois ; au fusil, c’est ce qui était convenu, selon une idée de l’un d’eux, et c’est celui-là, d’ailleurs, qui a eu l’idée, celui qui marche devant : si les autres avaient trouvé quelque chose, lui au moins il les aurait forcément entendus, peut-être même qu’il aurait dit « mon » signal.

Ils ne parlent pas. Le village n’est plus guère qu’à deux ou trois kilomètres.

C’est surtout parce que la récréation est terminée, ou même plutôt parce qu’en fait elle n’a pas eu lieu, c’est parce que cette journée n’aura été qu’une parenthèse alors qu’ils comptaient sur elle pour alimenter les conversations à venir ; c’est pour ça qu’ils ne parlent pas, sauf l’un d’eux, à tour de rôle, jamais le même – ils se donnent instinctivement le relais – qui exprime platement une compassion convenue à l’égard du vieux qui va rester seul, qui va se morfondre – on ne dit pas qu’on est bien content qu’il soit avec un autre groupe ; on ne dit pas non plus qu’on est sûr qu’elle est partie, que d’ailleurs on la comprend, qu’à sa place on aurait fait pareil, qu’à n’importe quelle place on ferait bien pareil, si on pouvait.

Le chien d’un coup s’est élancé. Aussitôt c’est un éclatement de noir et de blanc qui crépite, jaillissant dans le froissement précipité des ailes soudain contraintes à un essor quasi vertical parmi les arbres, dans l’assourdissant jacassement de l’appétit frustré. Le chien n’a certainement jamais vu autant de pies à la fois, elles sont au moins sept ou huit, prêtes à se rassembler de nouveau dès que l’alerte sera passée, ou même avant, au fond du vaste creux sablonneux laissé par les racines d’un grand hêtre abattu ; c’est pour cela sans doute qu’il court en tout sens autour du trou vers lequel s’étire sans cesse sa truffe gourmande, au lieu de s’y précipiter et de s’octroyer sans vergogne la part du plus fort.

 

Chroniques imaginaires de la mort vive, Melville, 2005, p. 15-16.

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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 01:11

C’est une lettre de refus. N’empêche, ça m’a bien remonté le moral, à une période de sacrés doutes…

 

Editions Verdier

 

Paris, mercredi 14 avril 2004

 

Cher Monsieur,

 

Nous avons lu avec intérêt Chroniques imaginaires de la mort vive, le chant de cet homme de retour en son village d’enfance, Moustier, que sépare de Vauvert un bois. C’est un lieu minuscule que l’imaginaire de l’enfant rendait infini : les hommes visibles, la Bête invisible et la princesse inaccessible. Le lieu que retrouve l’adulte est tout aussi insaisissable : les morts se succèdent et face à ces morts, le silence de la meute des hommes. Ils ont perdu le pouvoir de dire. Les mots, vidés de leur substance, se murmurent comme des litanies. Le narrateur lui-même ignore ce qui le rend désormais étranger à ces gens et à lui-même, sans nom propre. Il s’interroge sur ce qui meut la langue : « La mort de Marie avait fait taire Vauvert, celle de François lui avait rendu la parole. » L’ennemi commun surgit sous le nom du Malin dans la bouche des femmes ou du loup, selon la nécessité du langage commun.

Derrière le silence, il y a les soldats inconnus sans sépulture et derrière encore, la mort de Dieu, dont la lumière chue nappe indifféremment les objets. La mort du maître, du roi, livre les hommes à la « volonté lubrique et rigolarde de leur membre », en toute impunité.

Et derrière la princesse inaccessible, il y a l’étreinte du corps de Mina aux mains sales, la desservante d’Hécate. Cette étreinte n’abolit pas la différence sociale qui, fixée dans son inaccessible origine, est éternelle. La goutte visqueuse luit du mystère éternel de « l’origine de la vie dans l’ombre », la semence de trop, que l’on essuie. La mort de Mina replace l’homme à la tête de la meute des chiens, à charge de nommer.

 

Le récit, maintenu par l’imparfait et le plus que parfait dans un temps quasiment immobile, se situe aux limites de l’indicible.

Ses qualités font qu’il devrait sans peine trouver son éditeur.

 

Bien à vous.

 

Bobillier

 

Chroniques imaginaires de la mort vive a en effet trouvé un éditeur, il est paru chez Melville en 2005.

Le témoignage de François Bon.

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26 septembre 2009 6 26 /09 /septembre /2009 08:43

Des deux poulains de l’écurie du Seuil pour la rentrée 2001, tout encadrés de rouge avec leurs yeux pour bandeau, j’apprends que la belle a succombé à une blessure que j’imagine ancienne – quant au bête il y a longtemps qu’il est retourné à l’état sauvage.

 

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6 janvier 2009 2 06 /01 /janvier /2009 19:05

Tu sens bien qu’il y a toutes sortes de choses, d’ailleurs, qui persistent autour de toi, dans ta vie, avec ta bénédiction, ou du moins ton accord tacite, et qui n’ont plus de raison d’être – sinon de rappeler, telles des traces, des fossiles discrets, qu’ici ou là quelque chose a existé et n’est plus. Tu regardes autour de toi, tu cherches vaguement des pendules en panne, des livres lus, des bouquets fanés ; et si elles t’échappent encore, ces traces, c’est parce qu’elles sont plus imperceptibles encore, ou que ton regard n’est pas assez affûté.

Il s’arrête, soudain, ton regard, il croit avoir trouvé sa proie : un dessin de toi, de l’époque où tu dessinais, que tu avais pris la peine d’encadrer, est encore accroché au mur du couloir. Certes il a occupé de meilleures places, dans tes appartements précédents, pourtant nettement moins vastes. Tu te souviens que quand tu l’as accroché ici, au moment de ton emménagement, tu t’es dit que le trait était bien pâle, qu’il fallait pouvoir le regarder de près, que la distance ne lui valait rien. Et c’est vrai qu’il est pâle, maintenant que tu le regardes, vraiment, pour la première fois peut-être depuis que tu habites ici, et peut-être depuis plus longtemps encore : la couleur bleu vif dont tu crois bien te souvenir a viré à une sorte de gris vaguement bleuâtre, la plupart des détails, dont tu te souviens encore nettement, ont presque disparu ; il est clair que l’encre que tu as utilisée était de mauvaise qualité. Cependant, ce n’est pas vraiment l’effacement du dessin qui t’intrigue ; c’est le fait que toi, qui es passé devant tous les jours, tu ne t’en sois pas rendu compte, que tu ne t’en sois rendu compte qu’une fois le processus pour ainsi dire achevé, et le bois doré encadrant une feuille quasi blanche.

 

Par temps clair, p. 79-80

 

 

Parce que celui-là, dernier publié pourtant, je me rends compte à l’improviste qu’il est déjà bien effacé lui aussi, de ma mémoire – conformément (plus qu’une coïncidence) à son propos. Il a déjà cédé la place, il y a longtemps.

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Rien (qu'une affaire de regard) couv

Mon premier roman, indisponible depuis des années, fait l'objet d'une réédition revue et corrigée, chez Quidam éditeur bien sûr, sous le titre Rien (qu'une affaire de regard). (Mars 2014)

La quatrième de couverture.

L'accueil de la critique.

Le Carnet du Libraire, sur France Culture.

 

Couv Dans mon oreille
Dans mon oreille, illustré par Henri Galeron, aux éditions Motus (12 septembre 2013).

par le hublot (droit)

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