Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

  • : Hublots - ISSN : 2266-324X
  • Hublots - ISSN : 2266-324X
  • : Hublots est désormais à cette adresse : http://hublots2.blogspot.fr/
  • Contact

Les Hublots continuent sans publicité imposée à cette adresse : hublots2.blogspot.fr

 

 

- parce que la visibilité est mauvaise

- améliorer la visibilité

- sur ces hublots

- Hublots mode d'emploi

Sonde

Pêche annuelle

Samuel Beckett, Lettres I.

Claro, CosmoZ.

Pascale Petit, POOL !

Jean-Pierre Martinet, La grande vie.

Anne-Sylvie Salzman, Vivre sauvage dans les villes.

Pablo Katchadjian, Quoi faire.

Eric Pessan, Le syndrome Shéhérazade.

Marie Cosnay, Des métamorphoses.

Olivier Hervy, Agacement mécanique.

Guy Goffette, Mariana, Portugaise.

Gaétan Soucy, N'oublie pas, s'il te plaît, que je t'aime.

Jean-Louis Bailly, La Chanson du Mal-Aimant.

Gabriel Bergounioux, Dominos.

Véronique Pittolo, Une jeune fille dans tout le royaume.

Collectif, Devenirs du roman, Ecriture et matériaux.

Emmanuel Venet, Rien.

Ian Monk, .

Claro, Cannibale lecteur.

Antoine Brea, Petites vies d'écrivains du XXe siècle.

Laurent Albarracin, Fabulaux.

P.N.A. Handschin, Traité de technique opératoire.

Stéphanie Leclerc, Le parasol de Robinson.

Derek Munn, Un paysage ordinaire.

Perrine Le Querrec et Stéphanie Buttay, Coups de ciseaux.

Jacques Josse, Liscorno.

Collectif, Pour Eric Chevillard.

Pascale Petit, Lettres d'amour et Manière d'entrer dans un cercle & d'en sortir.

Lola Lafon, La petite communiste qui ne souriait jamais.

Pierre Jourde, La première pierre.

Didier da Silva, L'Ironie du sort.

Pierre Bergounioux, Préférences.

Thomas Vinau, Juste après la pluie.

Bruce Bégout, L'Accumulation primitive de la noirceur.

Claro, Les souffrances du jeune ver de terre.

Eric Chevillard, Le désordre AZERTY.

Jean-Louis Bailly, Un divertissement.

Eric Chevillard, Péloponnèse.

Emmanuelle Pireyre, Congélations.

Jean-Michel Espitallier, L'invention de la course à pied (et autres trucs).

Leo Lionni, La botanique parallèle.

Laurent Albarracin, Le citron métabolique.

Pascale Petit, Histoir d'ouf.

Christoph Meckel, Portrait-robot. Ma mère.

Christoph Meckel, Portrait-robot. Mon père.

Victoria Horton, Pagaie simple.

Nina Allan, Complications.

Danielle Auby, Bleu horizon.

Richard Elman, Taxi driver.

Frigyes Karinthy, Farémido, le cinquième voyage de Gulliver.

Albin Bis, Albin saison 1, cent épisodes.

Tatiana Arfel, La deuxième vie d'Aurélien Moreau.

Sandra Moussempès, Acrobaties dessinées.

Marie Rousset, Conversation avec les plis.

Céline Minard, Faillir être flingué.

B. S. Johnson, Chalut.

Pierre Jourde, Le Maréchal absolu.

Raymond Federman, A qui de droit.

Claude Chambard, Carnet des morts.

Archives

- Lundi 28 avril à 14h55, dans le cadre de l'émission le Carnet du libraire d'Augustin Trapenard sur France Culture, Sidonie Mézaize, de la librairie Kyralina à Bucarest, parlait de Rien (qu'une affaire de regard).

- Samedi 14 juin de 17h à 18h, Pierre Jourde, Guy Goffette et moi-même étions les invités d'Augustin Trapenard pour son émission le Carnet d'or, qui portait sur le thème de la réécriture.

29 août 2010 7 29 /08 /août /2010 10:24

pique-nique.JPG

Oh hé ! je te parle ! J’étais assis dans l’herbe. Tu viens papa ? a demandé ma fille. J’ai poussé un grognement, j’ai serré plus fort mon crayon et j’ai essayé tant bien que mal de me concentrer sur

 

Tu viens ? a répété le petit szmugler à Joe Heydecker, après qu’il fut revenu sain et sauf de sa séance de jonglage, tenant dans ses mains un formidable Bigviande-sans-painTM qu’il dévorait avec

 

Tu viens oui ou non ? a réitéré ma fille. J’ai soupiré. J’ai levé la tête. Elle était assise sur la balançoire : Tu viens me balancer ? Je suis fatiguée… Derrière ma fille, à l’ombre du pommier, la femme au fichu rouge et blanc étendait sur l’herbe une nappe à carreaux bleus et blancs. Une nappe que vint aussitôt fouler le petit garçon aux gestes saccadés. Tu viens ? a de nouveau demandé ma fille. J’ai dit oui, oui. J’ai enfourné à contrecœur mes feuilles et mon crayon dans la poche de mon pantalon. J’ai voulu me lever. Je me suis d’abord agenouillé. J’ai planté mes deux poings dans l’herbe. J’avais mal aux reins. J’avais mal dans la nuque. J’avais mal partout. Tu viens papa ? Oui, oui, je viens. Mais mon corps devenu sac de ciment. Mon corps à peine soutenu par deux bras comme fichés en terre Sur la nappe, la femme au fichu disposait en cercle des assiettes en carton multicolores, affectant à chaque assiette un hamburger et une poignée de chips. Du coca ? Qui veut du coca ? proposait-elle à présent à la cantonade en exhibant une grosse bouteille en plastique à demi remplie d’un liquide noir où surnageait une mousse brunâtre. J’eus tout à coup terriblement soif. La tête me tournait. Le visage me cuisait. J’avais dû attraper un coup de soleil. L’enfant au visage rond et aux gestes saccadés cessa de piétiner la nappe. Il buta contre une assiette puis il s’avança dans l’herbe et shoota maladroitement dans le ballon. Le ballon roula vers moi et arrêta sa course entre mes genoux. Le tir n’était pas si maladroit, après tout. L’enfant savait sans doute très bien ce qu’il faisait. D’ailleurs il s’approcha de moi, ses yeux tout écarquillés de me voir de si près, à genoux dans l’herbe, mes deux poings plantés dans le sol, le ballon entre mes cuisses, ma tête à hauteur de son visage. Derrière lui, ma fille me héla de nouveau : Tu m’avais promis papa ! me criait-elle d’une voix plaintive. Et moi, posant ma main sur l’épaule du gamin : Oui, oui, on y va, on y va, ne t’inquiète

 

Mais ne pouvant me résoudre à détacher mon regard de la silhouette longiligne du docteur Auerswald, qui s’extrayait à l’instant au bout du jardin d’un 4x4 Toyota Loyola blanc aux verres teintés, un sourire figé au coin des lèvres, une étrange raideur dans le port de tête. Une raideur de Cadre Noir. Du véhicule étaient sortis trois autres hommes : deux barbouzes en manteau et chapeau de cuir noir, munis d’oreillettes et de lunettes opaques, ainsi qu’un homme en manteau kaki en qui je reconnus Grassler. Franz Grassler, des affaires courantes. Une allure passe-partout d’indicateur général des horaires de train. Un sourire jovial sur une face rondelette. Mais des yeux. Des yeux de

 

Et puis mon regard se colla de nouveau sur Auerswald. Le Kommissar s’approchait en souriant de l’équipe télé qui venait de filmer le petit szmugler. Bon, M’sieur, on y va oui ou merde ? m’adjurait l’enfant, entre deux coups de langue sur le bout de ses doigts maculés de ketchup. Et moi : Oui, oui, on y va. Ma main sur son épaule. Mais mes yeux sur le docteur Auerswald. Kommissar Auerswald. Et puis sur son adjoint Grassler. Une tête de bébé Cadum. Un sourire aimable. Mais des mains. Des mains qui frappaient toujours là où

 

Jean-François Paillard, Pique-nique dans ma tête, Le Rouergue, 2006, p. 135 à 137.

 

A mon habitude, je laisse autrui faire le travail à ma place, par exemple Fabienne Swiatly sur Remue.net (elle y interroge aussi l’auteur), et voilà, vous en savez déjà beaucoup sur Pique-nique dans ma tête. Orchestrer la confusion dans l’esprit du personnage, susciter la remise en question du récit par le lecteur, mettre le doigt enfin sur la mauvaise conscience (l’un des mes moteurs chéris) à l’origine de ce roman mort-né à lire entre les lignes, tout cela me parle terriblement.

Jean-François Paillard tient aussi un site, bien plus qu’un blog, où l’on peut entrer par ici ou par  ; c’est Territoire 3.

Partager cet article

Repost 0

commentaires

paillard 01/09/2010 22:04



le tien, pardon - bizarre, ce vermicelle qui vient se coller là !



PhA 02/09/2010 07:45



C'est le vermicelle de la découverte : "Tiens ?"



paillard 01/09/2010 22:02



Oui, j'avais vu le lien mais je n'étais pas allé plus loin... Un blog généreux que le tiens. Il y avait aussi le site de Christine Genin que je visitais régulièrement. Dommage qu'elle ait
suspendu ses mises en ligne...



PhA 02/09/2010 07:44



Il ne faut pas croire : parler de ses lectures, c'est encore parler de soi.


Ah, les Lignes de fuite de Christine Genin ! Je suis venu très tard sur Internet et c'est le premier blog que j'ai suivi régulièrement, bien avant d'ouvrir ces Hublots ; j'en suis encore orphelin
!



paillard 01/09/2010 11:59



Et tiens ! tant que j'y suis, te dire que grâce à tien blog, ai pris connaissance de ce bouquin d'Emmanuel Fournier - l'infinitif complément; que je vais courrir acheter (ainsi que oeuvres
tiennes...) : d'autant plus intéressant pour moi que - et c'est un peu là où hé hé je voulais en venir - mon deuxième roman, un monde cadeau (cf. http://www.territoire3.org/unmondecadeau.html),
d'époque plus antédiluvienne encore, était entièrement rédigé... à l'infinitif ! C'est une invite à y jeter un oeil ! 



PhA 01/09/2010 16:20



Ah, dans ce cas, Emmanuel Fournier a toutes les chances de t'intéresser. J'ai eu l'occasion de l'écouter, ainsi que son éditeur Eric Pesty, grâce à Frédéric Forte (j'en avais dit deux mots
ici même) ; c'était tout à fait passionnant.


Un monde cadeau ? Je sais quoi demander pour Noël !



paillard 31/08/2010 17:11



…contre le
tien, pardon, celui que tu tiens, tiens ! 



PhA 31/08/2010 20:45



Mais il n'y a presque rien dans le tien que tu tiens, ressers-toi bien !



paillard 31/08/2010 16:47



Ho ho ! De retour de vacances ce jour (avec plongées ombreuses dans un nouveau roman, qui prend forme,
lentement, très lentement, mmmh, période préférée de tout auteur, non?), je renoue avec ma petite promenade quotidienne virtuelle, bien bien, où en sont les collègues ?, tirant ici et là ma
barque sur les rivages de mes îlots préférés, me hissant sur tel navire familier, explorant le pont, fouillant le bureau du capitaine, au long d’un itinéraire somme toute assez balisé, et
paf ! surprise, voici que ce hublot s’ouvre ! Merci, Philippe pour ces extraits et cette évocation, et cling ! mon verre de pastaga contre le tiens !
 



PhA 31/08/2010 19:02



Heureux de cette bonne surprise, alors ! Et merci à Territoire 3, c'est ton site qui m'a donné envie de te lire. Un nouveau roman ? Tchin ! (pour moi ce sera plutôt un ti-punch !)



 

Rien (qu'une affaire de regard) couv

Mon premier roman, indisponible depuis des années, fait l'objet d'une réédition revue et corrigée, chez Quidam éditeur bien sûr, sous le titre Rien (qu'une affaire de regard). (Mars 2014)

La quatrième de couverture.

L'accueil de la critique.

Le Carnet du Libraire, sur France Culture.

 

Couv Dans mon oreille
Dans mon oreille, illustré par Henri Galeron, aux éditions Motus (12 septembre 2013).

par le hublot (droit)

(A suivre) - J.d'Abrigeon (2) - L.Albarracin (2) - Albin - P.Alferi (2) (3) - J.Alikavazovic - N.Allan - Altan - T.Arfel - P.Arguedas - M.Arrivé (2) (3) (4) (5) (6) - D.Auby  (2) (3) - P.Autin-Grenier - L.Bablon - JL.Bailly (2) (3) - I.M.Banks - J.Baqué - C.Barreau - L.Bassmann (2) (3) (4) - E.Baudoin (2) - F.Beaune - C.Beauvoir - S.Beckett (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) - B.Bégout - Th.Beinstingel (2) (3) (4) - J.duBellay - L.BenincáG.Bergounioux (2) (3) (4) (5) (6) - P.Bergounioux (2) (3) - A.Bertina (2) - A.Bertrand - H.Bessette - P.Bettencourt - F.Bon - E.Bonnargent - M.Bonnevay - S.Bourgois - A.Bréa (2) - RD.Brinkmann - R.Butlin - O.Cadiot - JL.Caizergues (2) - N.Caligaris - I.Calvino - M.Candré - K.Čapek (2) - Casanova - Cl.Chambard - P.Chamoiseau (2) - G-O.Châteaureynaud (2) - E.Chauvier - E.Chevillard (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12) (13) (14) (15) (16) (17) - Claro (2) (3) (4) - J.Coe (2) (3) - M.Cohen (2) (3) (4) (5) - S.Coher (2) - S.T.Coleridge  (2) - Colette - Y.Colley - M.Cosnay (2) (3) (4) (5) (6) (7)JL.Coudray (2)D.da Silva (2) (3) (4) (5) (6) - D.Decourchelle (2) - M.Desbiolles - A.DiazRonda - A.Dickow (2) - Y.diManno - S.Doppelt - M.Draeger (2) - C.Dubois - M.Duplan - J.Echenoz - R.Elman - Chr.Esnault - J-M.Espitallier - E.Faye (2) - R.Federman (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) - E.deFilippo - J.Filloy - G.Flaubert (2) (3) - F.Forte (2) - Em.Fournier - H.Frappat (2) (3) - Fred - M.Frering (2) - R.Froger - F.Gabriel - A-M.Garat - Ph.Garnier (2) (3) (4) (5) - R.Gary - M.Giai-Miniet - J.Giono - L.Giraudon - G.Goffette - I.Gontcharov (2) (3)S.J.Gould - J.Grandjean - Grimm - F.Griot - D.Grozdanovitch (2) (3) - D.Guillec - P.N.A.HandschinB.Heim (2) - Hergé - O.Hervy - R.Hoban (2) - E.Hocquard - Homère - V.Horton (2) - B.Jacques - R.Jirgl - B.S.Johnson (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) - G.Josipovici (2) (3) (4) - J.Josse (2) (3) - J.Jouet (2) - P.Jourde (2) (3) (4) (5) (6) - F.Kafka (2) - Fe.Karinthy - Fr.Karinthy (2) - P.Katchadjian - J.Lafargue (2) (3) (4) - E.Larher - F.Léal - S.Leclercq - JMG.LeClézio - A.Lefranc (2) - LeGolvan (2) - M.Lentz - P.LePillouër - P.LeQuerrec (2) - D.Lespiau (2) - E.Levé - L.Lionni - H.Lucot (2) - S.Macher - Chr.Macquet - C.Mainardi (2) - LE.Martin - J-P.Martinet - Masse - F.Matton (2) (3) - D.MémoireH.Michaux - P.Michon - C.Minard (2) (3) (4) (5) (6) (7) - H.Mingarelli (2) (3) - Moebius - Chr.Molinier - I.Monk - D.Montebello - J.Montestrela - R.Morgiève (2) - S.Moussempès - J.Mouton (2) - D.Munn - Munoz et Sampayo - Nerval (2) (3) - Ovide - E.Pagano - Y.Pagès - J-F.Paillard - A.Parian - P.Parlant - M.Pautrel - D.Pennac - X.Person - E.Pessan (2) (3) (4) (5) - P.Petit (2) (3) (4) (5) (6) (7) (8) (9) (10) (11) (12) (13) (14) (15) (16) (17)H.Pinter - E.Pireyre (2) (3) - F.Pittau (2) - V.Pittolo (2) (3) - V.Poitrasson - M.Pons (2) - C.Portier (2) (3) - C.Prigent - D.Quélen - N.Quintane (2) (3) - E.Rabu - E.M.Remarque - M.Rivet - O.Rohe - Cl.Rosset - M.Rousset - AS.Salzman (2) - A.deSandre - N.Sarraute - J.Sautière - A.Savelli (2)E.Savitzkaya  (2) (3) (4) (5) (6) - B.Schulz - O.Scohy - P.Senges - A.Serre (2) - M.Simon - S.Smirou - M.Sonnet (2) (3) - G-Soucy - G.Stubbe - L.Suel - I.Svevo - Y.Ténédim - P.Terzian - A.Tot - E.Venet - R.Verger (2) (3) - M.Villemain (2) - Th.Vinau (2) (3) - A.Volodine (2) (3) (4) (5) (6)C.Wajsbrot - C.Ysmal - F.Yvert