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- Lundi 28 avril à 14h55, dans le cadre de l'émission le Carnet du libraire d'Augustin Trapenard sur France Culture, Sidonie Mézaize, de la librairie Kyralina à Bucarest, parlait de Rien (qu'une affaire de regard).

- Samedi 14 juin de 17h à 18h, Pierre Jourde, Guy Goffette et moi-même étions les invités d'Augustin Trapenard pour son émission le Carnet d'or, qui portait sur le thème de la réécriture.

27 avril 2010 2 27 /04 /avril /2010 08:01

persistance-du-froid.jpgRésa Weiner habite une grande partie de l’année dans le quartier résidentiel de Lincoln Park, à l’intérieur d’un groupe d’immeubles enchevêtrés, achetés au fur et à mesure de ses cachets, entourant de leurs hauts murs aveugles l’immense patio où a été bâtie sa maison. Les rares loca­taires qui connaissent son nom et son identité ancienne respectent la consigne de ne jamais indiquer sa présence, mais des admirateurs ont fini par déduire que c’était bien elle qui, le jeudi soir, dans cette rue, sortait d’une des portes de garage remontant lentement dans le mur en paupière métallique, au volant d’un vieux cabriolet Mustang Shelby vert foncé, capote blanche piquée de rouille aux armatures, qui laisse entendre au point mort des feux rouges le bruit irrégulier d’un moteur de hors-bord, lorsqu’elle se rend à la sortie ouest de la ville dans les studios de la petite station de radio associative Freaky Wave pour animer une émission de dialogue.

Malgré l’anonymat maintenu, des auditrices et auditeurs ont reconnu la mélodie vocale qui fut longtemps sa signa­ture acoustique, cette façon de remonter deux à trois fois la tonalité des syllabes au commencement d’une phrase pour soudain l’abaisser avec lenteur, dans un étirement semblable à la dernière vague qui s’affale après une inquié­tante retenue, à peine précédé d’une incise de silence.

 

C’est bien elle, répondant point par point à un jeune converti cerné par l’ombre de ses propres majuscules, calmant un junkie égaré dans sa justification d’animal de fourrière échappé dans la ville, ou déliant une femme aux phrases sans cesse repliées, entravée dans l’évocation de son troisième suicide. La nuit, parmi ceux qui savent et n’ont jamais voulu démasquer en direct l’ancienne actrice, certains s’autorisent à laisser sur les essuie-glaces de sa voiture une petite peluche, une fleur ou un dessin, et l’attendent tard, debout, sous les lumières orange des lampadaires du premier grand carrefour de cette banlieue industrielle, pour la saluer de loin en ôtant une casquette ou soulever vers elle un bouquet, un petit enfant endormi, modeste trophée d’amour à quoi elle répond par un appel de phare ou un bref coup de klaxon. D’autres enregistrent sa voix pour en goûter les caractéristiques, écouter au plus près les modulations, les scansions et les rythmes de la parole de cette femme qu’ils vénèrent encore.

 

Denis Decourchelle, La Persistance du froid, Quidam éditeur, 2010.

 

Donner à lire un simple extrait de la Persistance du froid, c’est exactement ce qu’il ne faut pas faire, si l’on souhaite donner une idée un peu juste de ce texte. La beauté de ce récit, en effet, c’est dans sa composition surtout que le lecteur la trouvera – mais pas que, d’où l’entorse. Méticuleux biographe de personnages imaginaires mais qui pourraient être (au point qu’on ferait bien marcher Google pour en savoir un peu plus sur eux) et dont la simple liste constitue une manière de deuxième chapitre après le prélude du premier), Denis Decourchelle croise discrètement leurs destins d’apatrides, leurs vies pareilles à des préludes, justement, dont le souvenir est comme cette sensation durable : la persistance du froid.

 

Un essai d'article ici, de février 2013, en guise de post-scriptum.

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commentaires

Michèle 05/12/2012 18:22


Oh! Si! Ce que vous promettez et la phrase si bien balancée dans ce court extrait donnent envie d'aller plus loin.

PhA 06/12/2012 21:31



Ça me donne envie de le relire, tiens.



Dominique Boudou 28/04/2010 15:15



Un texte original servi par une belle écriture. Je voulais en parler aussi mais, voilà... 



PhA 28/04/2010 15:35



Au contraire, il faut le faire ; j'en ai dit si peu moi-même...



Ambre 27/04/2010 11:09



Un extrait est toujours réducteur mais pas inutile. J'aime les "mots" de celui-ci.


Mais comment faites-vous, tous(tes) pour être si matinaux?


Peut-on lire La persistance du froid après 11h ou faut-il se lever tôt pour bien sentir l'histoire (°_°)?



PhA 27/04/2010 11:18



Mon secret matinal ? C'est celui de Polichinelle : même les fours et les magnétoscopes ont le même.



brigetoun 27/04/2010 08:34



pourtant citer, plaire et intriguer, et faire suivre cela de vos mots c'est assez efficace pour nous donner désir de le lire



PhA 27/04/2010 09:42



Eh bien ça fait plaisir (parce que après il y a toujours des "j'aurais dû..." qui me traversent).



Dominique Hasselmann 27/04/2010 08:26



Claude Allègre, critique littéraire : "Je ne dis pas le contraire !"



PhA 27/04/2010 09:46



Claude Allègre ne dit pas quelque chose ? C'est très bien, il faut l'encourager.



 

Rien (qu'une affaire de regard) couv

Mon premier roman, indisponible depuis des années, fait l'objet d'une réédition revue et corrigée, chez Quidam éditeur bien sûr, sous le titre Rien (qu'une affaire de regard). (Mars 2014)

La quatrième de couverture.

L'accueil de la critique.

Le Carnet du Libraire, sur France Culture.

 

Couv Dans mon oreille
Dans mon oreille, illustré par Henri Galeron, aux éditions Motus (12 septembre 2013).

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