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- Lundi 28 avril à 14h55, dans le cadre de l'émission le Carnet du libraire d'Augustin Trapenard sur France Culture, Sidonie Mézaize, de la librairie Kyralina à Bucarest, parlait de Rien (qu'une affaire de regard).

- Samedi 14 juin de 17h à 18h, Pierre Jourde, Guy Goffette et moi-même étions les invités d'Augustin Trapenard pour son émission le Carnet d'or, qui portait sur le thème de la réécriture.

2 mars 2014 7 02 /03 /mars /2014 10:51

– Vous voyez, ce n’est pas moi qui trace le portrait, que vous redoutiez, d’une Roumanie tragique ! »

Elle rit doucement à l’autre bout du fil, sur le fond d’écran de mon ordinateur, une photo de  Montréal, la petite communiste qui ne souriait jamais, puis elle ajoute : je déteste avoir froid, c’est une obsession aujourd’hui encore. Mais malgré tout, il manque à vos descriptions des choses… qui n’existent plus aujourd’hui.

– Comme quoi ?

– Je ne voudrais en aucun cas qu’on imagine que je minimise ce qui a eu lieu mais… comment vous dire… On était ensemble. Contre un ennemi commun. On ne s’est pas laissé piétiner. Il fallait s’entraider, s’organiser, tenez, les gens se prêtaient leurs enfants pour aller faire les courses car ceux-ci avaient droit à des rations supplémentaires de lait et de viande. Et… je sais que ça va vous paraître superficiel, mais la queue prenait tellement de temps que c’était un haut lieu de drague, on se maquillait, on se parfumait avant d’y aller. Les vieux se retrouvaient entre eux, ils dépliaient une petite chaise de camping et jouaient aux cartes. Des détails, je sais. Enfin… est-ce que ce que ce sont des détails, ou une façon de survivre ? Et ça aussi, personne ne vous le dira parce que ça n’est pas spectaculaire, mais si on réussissait à voir un film étranger, souvent français d’ailleurs, eh bien, c’était un genre d’obligation morale, on se devait de le raconter en long et en large à tous ses amis, on mémorisait les bonnes répliques, les costumes, tout, pour partager ce bonheur. »

Pouvez-vous me faire parvenir une liste de vos souvenirs des années 1980, votre quotidien, je demande à Nadia. Elle soupire, vous êtes incroyable, on en a parlé mille fois, puis comme j’insiste, elle susurre, acide : « Je ne vous mets pas les bons souvenirs, je sais qu’ils ne vous intéressent pas ! »

 

Lola Lafon, la petite communiste qui ne souriait jamais, Actes Sud, 2014, p. 220.

 

Et tandis que je lis ce récit d’une biographie en train de s’écrire, work in progress fictif d’un récit lui non fictif – ce qui donne à ce roman son épaisseur, avec la possibilité de la contradiction à l’intérieur même du récit, que la fiction s’autorise rarement – et qu’une partie de mon esprit continue à tourner autour de la question de la vérité historique, cette vis sans fin,

voici soudain qu’à cette page 220 une phrase me retient, à laquelle je ne résiste pas : Pouvez-vous me faire parvenir une liste de vos souvenirs des années 1980.

Pas une liste de mes souvenirs, non, mais un seul. Ce doit être en 1983 ou 84, dans le Nord de Paris, petit campus où je suis censé étudier, quand mon esprit n’est pas absorbé par quelque projet d’écriture. J’échange quelques mots avec une jeune fille inscrite aux mêmes cours. Je ne me souviens d’aucun des mots, en revanche je revois assez nettement son physique, surtout une natte blonde, portée haut – je pense à une danseuse. Il me semble aussi qu’elle porte du rouge. Il doit y avoir quelque chose de singulier en elle, ou disons de mémorable, qui à ce moment-là va prendre pour moi une forme toute verbale : son nom. C’est là que mon souvenir est le plus net, décisif  – il faut dire que je passais plus de temps peut-être qu’aujourd’hui à écrire. En tout cas je me rappelle avoir pensé à propos de son nom qu’on aurait dit un nom de personnage, un nom qu’on penserait trouver dans un livre plutôt que dans la réalité. Elle s’appelait Lola Lafon.

le-nom-de-lola-lafon.JPG


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commentaires

Lza 07/03/2014 09:06


Quand on a vécu une période de pénurie, où tout manquait, on apprécie ce récit qui nous parle d'une époque où la solidarité et le système D ont permis de survivre.

PhA 09/03/2014 21:05



Et même sans l'avoir vécue...



Michèle P 06/03/2014 20:07


Un prénom et un nom sont d'abord portés. Par un personnage comme par une personne.


Dès lecture s'y glisse la fiction que s'invente le lecteur.


Et je peux vous dire que je retiens mieux Philippe Annocque que Ron Rash. 


Je retiens bien Pascale Petit aussi (sourire).

PhA 06/03/2014 21:11



C'est vrai. (Je veux dire : que le nom c'est la fiction qui s'installe.) (Le reste me fait plaisir.)



Michèle P 05/03/2014 20:00


Belle histoire.


Elle est danseuse :)


Et je pense comme vous que Lola Lafon c'est un beau nom de personnage. Philippe Annocque c'est pas mal non plus :)


 

PhA 06/03/2014 19:33



Je crois que c'est le contraire : Philippe Annocque est un nom difficile à mémoriser. Prénom le plus courant de sa génération, patronyme difficile à orthographier et difficilement
identifiable... Il y a peu de chances que Lola Lafon s'en souvienne.



 

Rien (qu'une affaire de regard) couv

Mon premier roman, indisponible depuis des années, fait l'objet d'une réédition revue et corrigée, chez Quidam éditeur bien sûr, sous le titre Rien (qu'une affaire de regard). (Mars 2014)

La quatrième de couverture.

L'accueil de la critique.

Le Carnet du Libraire, sur France Culture.

 

Couv Dans mon oreille
Dans mon oreille, illustré par Henri Galeron, aux éditions Motus (12 septembre 2013).

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