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- Samedi 14 juin de 17h à 18h, Pierre Jourde, Guy Goffette et moi-même étions les invités d'Augustin Trapenard pour son émission le Carnet d'or, qui portait sur le thème de la réécriture.

11 août 2010 3 11 /08 /août /2010 07:21

 


 

 

Style, en effet, impossible. Larry Snider n’est pas le premier à l’observer. A se demander comment se débrouille Emile.

Il y a des coureurs qui ont l’air de voler, d’autres qui ont l’air de danser, d’autres paraissent défiler, certains semblent avancer comme assis sur leurs jambes. Il y en a qui ont juste l’air d’aller le plus vite possible où on vient de les appeler. Emile, rien de tout cela.

Emile, on dirait qu’il creuse ou qu’il se creuse, comme en transe ou comme un terrassier. Loin des canons académiques et de tout souci d’élégance, Emile progresse de façon lourde, heurtée, torturée, tout en à-coups. Il ne cache pas la violence de son effort qui se lit sur son visage crispé, tétanisé, grimaçant, continûment tordu par un rictus pénible à voir. Ses traits sont altérés, comme déchirés par une souffrance affreuse, langue tirée par intermittence, comme avec un scorpion logé dans chaque chaussure. Il a l’air absent quand il court, terriblement ailleurs, si concentré que même pas là sauf qu’il est là plus que personne et, ramassée entre ses épaules, sur son cou toujours penché du même côté, sa tête dodeline sans cesse, brinquebale et ballotte de droite à gauche.

Poings fermés, roulant chroniquement le torse, Emile fait aussi n’importe quoi de ses bras. Or tout le monde vous dira qu’on court avec les bras. Pour mieux propulser son corps, on doit utiliser ses membres supérieurs pour alléger les jambes de son propre poids : dans les épreuves de distance, le minimum de mouvements de la tête et des bras produit un meilleur rendement. Pourtant Emile fait tout le contraire, il paraît courir sans se soucier de ses bras dont l’impulsion compulsive part de trop haut et qui décrivent de curieux déplacements, parfois levés ou rejetés en arrière, ballants ou abandonnés dans une absurde gesticulation, et ses épaules aussi gigotant, ses coudes eux aussi levés exagérément haut comme s’il portait une charge trop lourde, il donne en course l’apparence d’un boxeur en train de lutter contre son ombre et tout son corps semble être ainsi une mécanique détraquée, disloquée, douloureuse, sauf l’harmonie de ses jambes qui mordent et mâchent la piste avec voracité. Bref il ne fait rien comme les autres, qui pensent parfois qu’il fait n’importe quoi.

 

Jean Echenoz, Courir, Minuit, 2008, p. 49 à 51.

 

J’avais sans doute raté Jean Echenoz (dont je n’avais lu que Je m’en vais, qui ne m’avait pas déplu mais m’avait laissé un peu sur ma faim), c’est ce que je me dis au sortir de ce Courir. Il faut dire que l’auteur jouait sur du velours : je ne peux pas voir une course (surtout à partir de 5000 mètres) sans avoir la larme à l’œil à l’arrivée. J’ai beau ne pas connaître les noms des coureurs et n’avoir jamais couru moi-même (sauf, et même assez souvent il est vrai, après mon train dans les couloirs et sur les quais de Montparnasse), il y a dans le spectacle d’une course quelque chose qui me retient lorsque (de moins en moins souvent certes parce que je ne regarde plus guère la télé) je tombe, hasard du zapping, sur un 10 000 mètres, voire un marathon. Ça a sans doute un rapport avec la pauvreté intrinsèque de ce sport qui ne se pratique avec rien d’autre que soi-même, comme l’écriture : moi aussi je n’aime faire qu’avec rien, c’est certainement pourquoi (ou comment) j’écris, comme autrefois j’ai un peu dessiné, et aussi beaucoup marché.

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commentaires

Pascale 11/08/2010 12:24



J'avais dévoré Courir, quel style ce Echenoz !



PhA 11/08/2010 12:30



C'est vrai que ça se dévore - comme Emile semble dévorer la piste.



Zoë 11/08/2010 10:03



Sans compter cette vie étonnante, conquise de bout en bout sur l'adversité. La course pour lui est bien plus qu'un sport, elle est son Graal.


"Je m'en vais " ne m'a pas laissé un grand souvenir.



PhA 11/08/2010 11:50



C'est vrai que l'homme, dans sa simplicité et sa volonté hors du commun, est une figure éminemment sympathique.



Dominique Hasselmann 11/08/2010 09:58



Oh, et puis Philippe me pardonnera, voici le lien (ce n'est pas long), je
franchis la ligne ou le ruban d'arrivée, tout juste un petit ajout à cette réussite littéraire pas courue d'avance.


 



PhA 11/08/2010 11:48



Très bien ! ça me fait penser qu'Echenoz va faire paraître à la rentrée un troisième roman biographique : Des éclairs. Et puisque c'est la minute de pub, c'est Didier da Silva qui m'a redonné envie
de lire Echenoz ; et il avait aussi relevé un autre joli passage de
Courir.



Dominique Hasselmann 11/08/2010 09:51



Ce livre d'Echenoz est un bijou scintillant sur la cendrée (j'en avais parlé, à sa sortie, sur mon blog mais je ne vais pas profiter de
celui-ci pour me faire de la pub !).



PhA 11/08/2010 11:39



Mais si, mais si !



Gilbert Pinna 11/08/2010 09:39



Sur les images brouillées du petit film, on le voit, Emile, qui ne fait pas n'importe quoi, on le voit qui utilise son corps comme un pilon qui martèle la piste, on le voit, l'homme sans
grâce, qui se propulse comme un obus.



PhA 11/08/2010 11:38



Oui, cette énergie à la fin, on se demande où il va chercher ça.



 

Rien (qu'une affaire de regard) couv

Mon premier roman, indisponible depuis des années, fait l'objet d'une réédition revue et corrigée, chez Quidam éditeur bien sûr, sous le titre Rien (qu'une affaire de regard). (Mars 2014)

La quatrième de couverture.

L'accueil de la critique.

Le Carnet du Libraire, sur France Culture.

 

Couv Dans mon oreille
Dans mon oreille, illustré par Henri Galeron, aux éditions Motus (12 septembre 2013).

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