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- Samedi 14 juin de 17h à 18h, Pierre Jourde, Guy Goffette et moi-même étions les invités d'Augustin Trapenard pour son émission le Carnet d'or, qui portait sur le thème de la réécriture.

13 juin 2012 3 13 /06 /juin /2012 15:57

« Mange ta soupe ! » dit la mère, ou parfois le père, mais plus souvent la mère, comme dans toutes les questions de vie et de mort. Et l’enfant rechigne. Bouche cousue. Pas une cuillérée n’y entrera, pas un mot n’en sortira. « Regarde ton frère (ou ta sœur, ou ton père pour l’enfant unique, ou ton chien pour l’orphelin), regarde comme il la mange avec plaisir, la bonne soupe. » La bouche est close, pas un mot n’en sortira, car les mots sont déjà là pour défendre la cause de l’enfant : manger sa soupe, non, vraiment, il y a quelque chose qui ne va pas. C’est contre-nature. La soupe, c’est liquide, et un liquide, on le boit. Inutile d’agiter la cuiller, argumentatif ustensile, pour tenter de faire croire le contraire : le chocolat du matin, maman le fait tellement chaud, justement, qu’on préfère le boire à la cuiller. Le boire à la cuiller. Alors pourquoi irait-on manger de la soupe ? Vous croyez sérieusement que vous la mangez, vous, la soupe ? Non, la soupe, ça ne se mange pas. Et ça ne se discute pas non plus.

Ça ne se mange plus, plutôt. Car ça s’est mangé. Autrefois, tout enfant vous le dira pourvu que parveniez à lui faire desserrer les lèvres, les gens mangeaient la soupe. Car la soupe, c’est – ou du moins c’était – du pain qui trempait dans le bouillon. Pas de la baguette parisienne fraîche du jour, non ; du pain bien rassis ramolli par le bouillon. C’était ça, la soupe, et ça se mangeait, puisque c’était un aliment solide. Un aliment tellement solide quand il s’appelait encore pain (ou plutôt quand il ne s’appelait plus pain depuis longtemps tant il était dur) qu’il fallait le tremper pour qu’il redevienne comestible sous une forme et une consistance qui ne méritait plus le nom de pain, et qu’on appelait soupe parce qu’il lui fallait bien un nom, à cette chose redevenue mangeable. Et comme on n’avait pas grand-chose à manger, on était bien content de la manger.

Et puis, comme le pain est devenu de plus en plus frais, il a déserté le bouillon, qui ne lui était plus nécessaire. La soupe a déserté la soupe. Mais son nom est resté, lui. Le nom de la soupe est resté à tremper dans la soupe, fantôme de cette soupe d’autrefois qu’on ne mange plus. Où est-elle, la soupe, maman, dans la soupe que tu me donnes ? Comment veux-tu que je la mange alors qu’il n’y a pas de soupe dans cette assiette ? Ce que tu appelles de la soupe n’en est pas. Ce que tu appelles de la soupe, c’est tout juste ce qui reste de la soupe quand on a déjà mangé la soupe. Pourquoi donc me demandes-tu de manger une soupe qui l’est déjà ? Pourquoi me demandes-tu de manger ma soupe alors que tu ne manges pas la tienne, puisque ce que tu prétends manger et ingurgites à la cuiller, c’est très exactement de la non-soupe ? C’est, dans l’ensemble des éléments contenus par les limites de ton assiette creuse, la partie strictement complémentaire de la soupe – et d’une soupe que nos ancêtres ont déjà mangée, il y a bien longtemps, puisqu’il n’en reste rien.

Je me demande si tu es prête à entendre ces explications. L’expressivité singulière de tes arguments – pour grandir, pour devenir fort comme papa… hein mon trésor…elle est pas bonne la soussoupe ? – tend à me faire penser le contraire. Alors je préfère garder la bouche close. Rien ne passera, ni dans un sens, ni dans l’autre.

mange-ta-soupe.JPG

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commentaires

Lza 16/06/2012 09:13


Oui, ben en Bretagne, à certans endroits, c'est vraiment de la soupe...à la verdure...

PhA 18/06/2012 18:36



Je me rappelle en effet y avoir pris d'étranges bains de laitue confite.



Ambre 14/06/2012 18:09


En Bretagne quand on se baigne dans une mer tiède (chez nous on la trouve tiède à 19° (0_0)) on dit : qu'est-ce qu'elle est bonne, c'est de la soupe. Je me demande pourquoi? Hum! En ce
moment, je n'y mettrai même pas un orteil, elle avoir la température d'un gaspacho!

PhA 15/06/2012 09:02



C'est vrai, même moi je le dis - mais quand elle approche des 30° - à quelque distance de la Bretagne, donc.



Depluloin 14/06/2012 17:29


Complètement manqué, oui ! :))


 

Anonyme 13/06/2012 18:25


Mais il y en a tant, par les temps qui courent, qui vont à la soupe... Ils y trouveront sans doute à boire et à manger....

PhA 14/06/2012 17:21



C'est que la soupe est devenue n'importe quoi.



Depluloin 13/06/2012 18:22


C'est bien. Vu votre assiette vide, vous avez fini par la manquer votre soupe! (Et pas de panique, on va y revenir à la soupe, populaire ou non!;)


 

PhA 14/06/2012 17:20



Absolument, désormais, on ne mange plus la soupe, car la soupe manque. (Entre autres.)



 

Rien (qu'une affaire de regard) couv

Mon premier roman, indisponible depuis des années, fait l'objet d'une réédition revue et corrigée, chez Quidam éditeur bien sûr, sous le titre Rien (qu'une affaire de regard). (Mars 2014)

La quatrième de couverture.

L'accueil de la critique.

Le Carnet du Libraire, sur France Culture.

 

Couv Dans mon oreille
Dans mon oreille, illustré par Henri Galeron, aux éditions Motus (12 septembre 2013).

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