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- Samedi 14 juin de 17h à 18h, Pierre Jourde, Guy Goffette et moi-même étions les invités d'Augustin Trapenard pour son émission le Carnet d'or, qui portait sur le thème de la réécriture.

15 août 2010 7 15 /08 /août /2010 07:48

 

Alors que je viens de finir Comment c’est – seul livre de Beckett que, pour de mystérieuses raisons, je n’avais pas lu (pourtant j’ai dû l’acheter il y a au moins vingt-cinq ans), je remarque à l’instant que, bac oblige, plusieurs requêtes menant vers ces Hublots mentionnent Fin de partie – or Fin de partie, c’est précisément en classe de première que je l’ai lu et vu jouer* (grâce à Danielle Auby), aimé, que j’ai même appris par cœur certains passages ; c’est par cette Fin-là que mon histoire avec Beckett a commencé, qu’inconsciemment j’ai sans doute cru finir par Comment c’est. Le passage ci-dessous notamment, il s’en faudrait de peu que je puisse encore le dire de mémoire. Il a sûrement laissé des traces. (C’est Hamm qui parle, assis dans son fauteuil dont il ne peut bouger.)

 

Hamm.jpgOù en étais-je ? (Un temps. Morne.) C’est cassé, nous sommes cassés. (Un temps.) Ça va casser. (Un temps.) Il n’y aura plus de voix. (Un temps.) Une goutte d’eau dans la tête, depuis les fontanelles. (Hilarité étouffée de Nagg.) Elle s’écrase toujours au même endroit. (Un temps.) C’est peut-être une petite veine. (Un temps.) Une petite artère. (Un temps. Plus animé.) Allons, c’est l »heure, où en étais-je ? (Un temps. Ton de narrateur.) L’homme s’approcha lentement, en se traînant sur le ventre. D’une pâleur et d’une maigreur admirables il paraissait sur le point de – (Un temps. Ton normal.) Non, ça je l’ai fait. (Un temps. Ton de narrateur.) Un long silence se fit entendre. (Ton normal.) Joli ça. (Ton de narrateur.) Je bourrai tranquillement ma pipe – en magnésite, l’allumai avec une… mettons une suédoise, en tirai quelques bouffées. Aah ! (Un temps.) Allons, je vous écoute. (Un temps.) Il faisait ce jour-là, je m’en souviens, un froid extraordinairement vif, zéro au thermomètre. Mais comme nous étions la veille de Noël cela n’avait rien de… d’extraordinaire. Un temps de saison, comme cela vous arrive. (Un temps.) Allons, quel sale vent vous amène ? Il leva vers moi son visage tout noir de saleté et de larmes mêlées. (Un temps. Ton normal.) Ça va aller. (Ton de narrateur.) Non, non, ne me regardez pas, ne me regardez pas ! Il baissa les yeux, en marmottant, des excuses sans doute. (Un temps.) Je suis assez occupé, vous savez, les préparatifs de fête. (Un temps. Avec force.) Mais quel est donc l’objet de cette invasion ? (Un temps.) Il faisait ce jour-là, je me rappelle, un soleil vraiment splendide, cinquante à l’héliomètre, mais il plongeait déjà, dans 1a… chez les morts. (Ton normal.) Joli ça. (Ton de narrateur.) Allons, allons, présentez votre supplique, mille soins m’appellent. (Ton normal.) Ça c’est du français ! Enfin. (Ton de narrateur.) Ce fut alors qu’il prit sa résolution. C’est mon enfant, dit-il. Aïeaïeaïe, un enfant, voilà qui est fââcheux. Mon petit, dit-il, comme si le sexe avait de l’importance. D’où sortait-il ? Il me nomma le trou. Une bonne demi-journée, à cheval. N’allez pas me raconter qu’il y a encore de la population là-bas. Tout de même ! Non, non, personne, sauf lui, et l’enfant – en supposant qu’il existât. Bon bon. Je m’enquis de la situation à Kov, de l’autre côté du détroit. Plus un chat. Bon bon. Et vous voulez me faire croire que vous avez laissé votre enfant là-bas, tout seul, et vivant par-dessus le marché ? Allons ! (Un temps.) Il faisait ce jour-là, je m’en souviens, un vent cinglant, cent à l'anémomètre. Il arrachait les pins morts et les emportait… au loin. (Ton normal.) Un peu faible ça. (Ton de narrateur.) Allons, allons, qu’est-ce que vous me voulez à la fin, je dois allumer mon sapin. (Un temps.) Enfin bref je finis par comprendre qu’il me voulait du pain pour son enfant. Du pain ! Un gueux, comme d’habitude. Du pain ? Mais je n’ai pas de pain, je ne le digère pas. Bon. Alors du blé ? (Un temps. Ton normal.) Ça va aller. (Ton de narrateur.) Du blé, j’en ai, il est vrai, dans mes greniers. Mais réfléchissez, réfléchissez. Je vous donne du blé, un kilo, un kilo et demi, vous le rapportez à votre enfant et vous lui en faites – s’il vit encore – une bonne bouillie (Nagg réagit), une bonne bouillie et demie, bien nourrissante. Bon. Il reprend ses couleurs – peut-être. Et puis ? (Un temps.) Je me fââchai. Mais réfléchissez, réfléchissez, vous êtes sur terre, c’est sans remède ! (Un temps.) Il faisait ce jour-là, je me rappelle, un temps excessivement sec, zéro à l’hygromètre. Le rêve, pour mes rhumatismes. (Un temps. Avec emportement.) Mais enfin quel est votre espoir ? Que la terre renaisse au printemps ? Que la mer et les rivières redeviennent poissonneuses ? Qu’il y ait encore de la manne au ciel pour des imbéciles comme vous ? (Un temps.) Peu à peu je m’apaisai, enfin suffisamment pour lui demander combien de temps il avait mis pouf venir. Trois jours pleins. Dans quel état il avait laissé l’enfant. Plongé dans le sommeil. (Avec force.) Mais dans quel sommeil, dans quel sommeil déjà ? (Un temps.) Enfin bref je lui proposai d’entrer à mon service. Il m’avait remué. Et puis je m’imaginais déjà n’en avoir plus pour longtemps. (Il rit. Un temps.) Alors ? (Un temps.) Alors ? (Un temps.) Ici en faisant attention vous pourriez mourir de votre belle mort, les pieds au sec. (Un temps.) Alors ? (Un temps.) Il finit par me demander si je consentirais à recueillir l’enfant aussi – s’il vivait encore. (Un temps.) C’était l’instant que j'attendais. (Un temps.) Si je consentirais à recueillir l’enfant. (Un temps.) Je le revois, à genoux, les mains appuyées au sol, me fixant de ses yeux déments, malgré ce que je venais de lui signifier à ce propos. (Un temps. Ton normal.) Suffit pour aujourd’hui. (Un temps.) Je n’en ai plus pour longtemps avec cette histoire. (Un temps.) A moins d’introduire d’autres personnages. (Un temps.) Mais où les trouver ? (Un temps.) Où les chercher ? (Un temps. Il siffle. Entre Clov.) Prions Dieu.

 

Samuel Beckett, Fin de partie, Minuit, 1957, p. 70 à 75.

 

 

* C'était dans une mise en scène de Guy Rétoré, avec Pierre Dux (Hamm), Michel Robin (Clov), Gisèle Casadesus (Nell), André Reybaz (Nagg). On peut en voi quelques extraits ici.

 

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commentaires

Depluloin 15/08/2010 19:06



Ne lisez pas malheureux!!! (Incroyable tout de même!;)


 



PhA 15/08/2010 21:02



Trop tard !



Ambre 15/08/2010 14:49



Mais non! C'est pour ceusss qui n'auraient pas encore commencé de le lire;o)



PhA 15/08/2010 15:20



Eh bien, je leur conseillerais de commencer par Fin de partie (ou par Pour finir encore), et de terminer par Comment c'est ; c'est une jolie boucle.



Ambre 15/08/2010 12:23



Surtout ne pas mourir sans avoir lu Beckett.


"Qu'est-ce c'est mon gros? C'est pour la bagatelle?" Magnifique mise en scène et comédiens, merci pour le lien.



PhA 15/08/2010 14:40



Alors, maintenant que j'ai vraiment tout lu...


... vite, il faut que je recommence !



Gilbert Pinna 15/08/2010 10:52



... faim de partis. J'hésite entre les verts et les rouges. Ou alors, les blancs peut-être...



PhA 15/08/2010 14:39



Quel appétit !



 

Rien (qu'une affaire de regard) couv

Mon premier roman, indisponible depuis des années, fait l'objet d'une réédition revue et corrigée, chez Quidam éditeur bien sûr, sous le titre Rien (qu'une affaire de regard). (Mars 2014)

La quatrième de couverture.

L'accueil de la critique.

Le Carnet du Libraire, sur France Culture.

 

Couv Dans mon oreille
Dans mon oreille, illustré par Henri Galeron, aux éditions Motus (12 septembre 2013).

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