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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 09:17

Comme c’est la rentrée littéraire, je pourrais parler d’un livre de la rentrée littéraire, et par exemple je pourrais parler du Maréchal absolu, de Pierre Jourde, puisque c’est un livre de la rentrée littéraire, hélas vous risquez de ne pas le trouver parmi les livres parus à la rentrée littéraire car il est paru à une autre rentrée littéraire, il y a déjà un an à présent et comme vous le savez, chaque rentrée littéraire prend la place de la précédente rentrée littéraire, sans compter qu’il y en a au moins deux par an, des rentrées littéraires, il vaut donc mieux oublier la rentrée littéraire sans oublier pour autant les livres de la rentrée littéraire qui en valent la peine.

Donc, le Maréchal absolu. Parce que quand il est paru c’était la rentrée, la mienne aussi comme la vôtre sûrement, et du coup je n’avais pas bien le temps de lire, surtout un gros bouquin de plus de 700 pages. Alors je l’ai gardé pour plus tard, quand j’aurais bien le temps, parce qu’on lit bien mieux, quand on a bien le temps. Je suis parti en vacances avec, je l’ai lu à la mi-juillet. J’ai pas mal lu encore, ensuite, depuis que je l’ai fini. Par exemple j’ai relu A l’ombre des jeunes filles en fleurs, et une bonne partie des Mémoires de Casanova, et puis des moins gros aussi. Souvent, quand elles ont été suivies par quelques lectures marquantes, celles qui le sont moins commencent à donner des signes d’effacement. Je parle pour moi, bien sûr. Parfois je suis surpris et un peu déçu de voir que tel livre qui m’avait plutôt emballé sur le coup ne le tient pas bien, le coup, dans ma mémoire. Bon, ça ne veut pas forcément dire grand-chose non plus : il y a des lectures qui laissent moins de prises à la mémoire que d’autres pour des raisons qui ne tiennent pas forcément à la qualité. Mais en tout cas, quand je repense au Maréchal absolu, je sens quelque chose comme une persistance, rétinienne je ne sais pas, mais en tout cas c’est toujours là.

Il faut dire qu’il y a beaucoup pour me plaire, dans ce Maréchal absolu. D’abord (enfin, d’abord, c’est une façon de parler ; d’abord pour moi là au moment où j’écris, quoi), il y a la manière dont ce livre s’inscrit dans le genre romanesque. Il y a des romans, on les lit, on sait pas trop pourquoi ce sont des romans. On a l’impression que l’auteur ne sait pas vraiment ce qu’il fait. Là, au moins, le roman se justifie de l’intérieur. Dans le Maréchal absolu, la fiction n’est pas seulement une donnée du genre, c’est aussi un sujet. Le Maréchal, dictateur prolongé de la protéiforme Hyrcasie, est lui-même une fiction. Non qu’il n’existe pas, mais à se réduire au fil des années à une image, elle-même incarnée, sécurité oblige, par une armée de sosies, il est en pleine déréalité. Son sosie principal a presque plus d’existence que lui. D’où aussi, bien sûr (et là il est évident que Pierre Jourde a écrit ce roman spécialement pour moi, même si bon prince comme je suis je suis prêt à partager avec vous), un doute sur l’identité du protagoniste, d’abord dans la narration elle-même, puis dans la façon dont le maréchal finit. J’aime beaucoup la fin, d’ailleurs, ou la dernière partie, si vous voulez. Mais le roman entier n’est qu’une longue fin, une fin qui n’en finit pas mais quand même si.

Je vais quand même vous mettre un extrait, même si un extrait bien sûr c’est comme vous donner la photo d’un auriculaire et s’étonner que vous ne reconnaissiez pas au premier coup d’œil son propriétaire. Donc, un extrait, pas trop long non plus, c’est quand même moi qui tape, pris comme ça, au hasard, enfin plutôt vers la fin mais au hasard quand même, voilà, page 609, par exemple, c’est une fin de chapitre, c’est son vieux serviteur qui parle, qui s’est pris pour un écrivain autrefois avant de se voir chargé de sa légende, de sa fiction encore ; bref une scène de retrouvailles, quoi :

« Il était là, en effet, debout entre les murs qui le contenaient à grand-peine. Le couloir paraît infini, au milieu duquel il se tient. La masse de son corps immémorial diffracte un froid glacial. Si bien qu’il est impossible de bouger, d’esquisser un geste, de desserrer les lèvres. L’espace accourt à lui, se courbe, est dévoré comme aux alentours de ses incongruités cosmiques à la densité infinie. Et puis, tout de même, dans un craquement arthritique, on parvient à effectuer trois pas vers l’apparition. Lorsqu’on avance, paradoxalement, elle semble rapetisser. Plus on se rapproche, plus le Maréchal vieillit, se ratatine. L’imposante masse d’antan est devenue un vieillard voûté, au visage estompé comme celui des statues usées par la pluie, et c’est devant l’effigie de n’importe qui qu’on tremble encore un peu, par réflexe.

Mais sa voix résonne, et elle résonne encore, bien des années après, jusque dans la rumeur télévisuelle de ce manoir urinaire : Depuis combien de siècles, vieux Manfred, ne m’as-tu pas massé ? »

Voilà. Quoi ? Oui c’est vrai, je n’ai pas parlé de la figure du monstre, un quasi-ogre ici, j’aurais pu, d’autant qu’elle traverse l’œuvre de Jourde, rappelez-vous la Cantatrice avariée, par exemple. Mais il y a longtemps que je ne prétends plus parler vraiment d’un livre, vain projet ; juste de ma lecture, l’histoire d’un instant. Rien de panoramique dans ce billet donc, d’ailleurs il y aurait bien trop à dire rien qu’à propos de la narration, sans parler du traitement des personnages, ou de l’ancrage du récit dans le temps ; d’ailleurs non : ce n’est pas encore la rentrée, des classes je veux dire. Alors si vous voulez que j’insiste encore sur un point ce serait sûrement sur l’effacement, celui du personnage et celui de la légende, qu’est-ce qui était vrai là-dedans, et puis le vieux bonhomme dans la barque, voilà.

http://www.mollat.com/cache/Couvertures/9782070136698.jpg

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commentaires

brigitte Celerier 26/08/2013 11:39


jolie qualification des citations ou extraits


n'empêche que là, avec ce qui l'entoure, le désir m'est venu de lire ce maréchal absolu

PhA 28/08/2013 09:54



Formidable. (C'est vraiment un grand texte.)



Michèle 26/08/2013 10:02


J'ai la chance, est-ce vraiment une chance, d'avoir le temps (c'est ainsi quand on n'en a plus beaucoup)... Si bien que ma lecture du Maréchal a coïncidé avec la rentrée littéraire. Oh! Oui!
Comme il persiste....

PhA 28/08/2013 18:28



Mais oui c'est une chance.


Une livre d'une ambition énorme. Dommage qu'il soit paru à une époque qui en manque.



 

Rien (qu'une affaire de regard) couv

Mon premier roman, indisponible depuis des années, fait l'objet d'une réédition revue et corrigée, chez Quidam éditeur bien sûr, sous le titre Rien (qu'une affaire de regard). (Mars 2014)

La quatrième de couverture.

L'accueil de la critique.

Le Carnet du Libraire, sur France Culture.

 

Couv Dans mon oreille
Dans mon oreille, illustré par Henri Galeron, aux éditions Motus (12 septembre 2013).

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