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- Lundi 28 avril à 14h55, dans le cadre de l'émission le Carnet du libraire d'Augustin Trapenard sur France Culture, Sidonie Mézaize, de la librairie Kyralina à Bucarest, parlait de Rien (qu'une affaire de regard).

- Samedi 14 juin de 17h à 18h, Pierre Jourde, Guy Goffette et moi-même étions les invités d'Augustin Trapenard pour son émission le Carnet d'or, qui portait sur le thème de la réécriture.

19 août 2009 3 19 /08 /août /2009 22:03

Un peu avant cinq heures, Zakhar ouvrit prudem­ment, silencieusement la porte du vestibule, puis, sur la pointe des pieds, il gagna la chambre, et s’approcha d’une seconde porte, celle du cabinet de son maître. Il y colla, pour commencer, son oreille, puis, s’accroupissant, ­regarda par le trou de la serrure.

Du cabinet venait un ronflement mesuré.

– Il dort, murmura Zakhar, et je devrais le réveiller. Cinq heures approchent.

Toussotant, il entra dans le cabinet.

– Ilia Ilitch ! Hé, Ilia Ilitch ! s’exclama-t-il douce­ment, une fois parvenu au chevet d’Oblomov.

Le ronflement ne cessait toujours pas.

– Ce qu’il peut dormir, tout de même, cet Ilia Ilitch !

Zakhar toucha la manche de son maître.

– Ilia Ilitch grogna mais ne se réveilla pas pour autant.

– Levez-vous donc, Ilia Ilitch ! C’est une honte, une vraie honte, fit Zakhar, élevant la voix.

Toujours pas de réponse.

– Ilia Ilitch ! répéta Zakhar, tirant son maître par la manche.

Oblomov tourna la tête avec effort, et regarda Zakhar d’un œil atone.

– Qui est là ? demanda-t-il d’une voix rauque.

– Moi, Zakhar. Vous devriez vous lever.

– Va-t’en ! grommela Ilia Ilitch. Après quoi il retomba dans un profond sommeil.

À la place du ronflement on entendait maintenant un sifflement nasal. Zakhar, obstiné, tira son maître par un pan de sa robe de chambre.

– Qu’est-ce que tu veux ? cria Oblomov d’une voix tonitruante, et ouvrant tout à coup les deux yeux à la fois.

– Vous m’aviez dit de vous réveiller.

– Je sais, et tu as fait ton devoir, mais maintenant va-t’en ! Le reste me regarde.

– Je ne m’en irai pas, dit Zakhar, tirant à nouveau la manche d’Oblomov.

– En tout cas je te défends de me toucher ! dit Oblomov, mais cette fois avec douceur. Et, ayant dit, il enfonça son visage dans l’oreiller et se remit à ronfler.

– On ne peut pas… Ilia Ilitch… dit Zakhar. – Je ne demande pas mieux, mais on ne peut pas…

Il continuait de secouer son maître.

– Fais-moi la grâce de ne pas me déranger, dit Oblomov.

– Moi, je veux bien vous faire cette grâce. Seule­ment après, vous allez me chercher noise, et me dire que je ne vous ai pas réveillé !

– Seigneur ! Quel homme ! soupira Oblomov. – Mais laisse-moi donc dormir encore un peu, ne serait-ce qu’une minute. Qu’est-ce qu’une minute ?

Ilia Ilitch se tut, foudroyé par le sommeil.

– Ah, ça, pour roupiller, il est un peu là ! murmura Zakhar, convaincu que son maître ne l’entendait pas. – Une bûche, une vraie bûche ! Pourquoi donc est-il né dans le monde du Bon Dieu ? Mais lève-toi donc, qu’on te dit ! hurla Zakhar.

– Quoi ? Quoi ? cria Oblomov d’une voix menaçante en soulevant la tête.

– Pourquoi, disais-je… Pourquoi ne vous levez-vous pas, Monsieur ! répondit Zakhar, usant de la douceur.

– Hein ? Qu’est-ce que tu as dit ? Comment oses-tu ?

– Comment ? J’ose quoi ?

– Comment oses-tu me parler sur ce ton ?

– Vous avez rêvé. Dieu m’est témoin que vous avez rêvé.

– Tu croyais que je dormais ? Erreur ! Je ne dor­mais pas, j’entendais tout…

Mais il se rendormit aussitôt.

 

Oblomov, première partie, chapitre11.

 

Belle réponse de mes lectures (et sans doute du dormeur de service) à mon humeur du moment, exacerbée par la température. (Enfin c’est fini, ces travaux ; il ne reste plus qu’à regarder le résultat – pas de trop près.) Pour revenir à Oblomov, l’idée par moment me traverse que l’état liquide n’est pas sans parenté avec l’oblomovisme.

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commentaires

PhA 20/08/2009 15:59

Pas ce passage - qui me ramène surtout à mon envie (momentantée) de ne rien faire. Plus généralement : le renoncement à faire / l'application à ne faire que. Ce n'est pas le même effet, bien sûr. C'est l'origine du "mal" que j'interroge. Il n'empêche qu'au final Oblomov est bien plus séduisant, car plus honnête. Ou même plus "courageux".

Pascale 20/08/2009 15:29

Je me souviens de cet échange comme si j'avais lu ce livre hier! incroyable comme certains livres marquent nore subconscient. Je ne vois pas bien en quoi cela te ramène à Liquide, Philippe...

PhA 20/08/2009 13:49

Hélas, oui (pour les finitions). (Et voilà une bonne nouvelle - pour Liquide. Ne vous noyez pas !)

Depluloin 20/08/2009 12:38

Taratata! on ne s'endort pas! Il est temps maintenant de passer aux finitions : armé d'une loupe et d'une pince à épiler, on retire les poils de pinceau.(Et j'ai enfin mon Liquide - flambant neuf - dont j'entame la lecture juste après ma sieste c'est à dire vers...)

Dominique Hasselmann 20/08/2009 09:45

Oui, cette image d'Oblomov nous réveille : si la vie est un songe, les rêves en sont alors la réalité. Vous vous figurez que vous vous attaquez à vos murs (non carcéraux !), alors que l'enduit coule de source et s'en va même remplir des pages ailleurs...

 

Rien (qu'une affaire de regard) couv

Mon premier roman, indisponible depuis des années, fait l'objet d'une réédition revue et corrigée, chez Quidam éditeur bien sûr, sous le titre Rien (qu'une affaire de regard). (Mars 2014)

La quatrième de couverture.

L'accueil de la critique.

Le Carnet du Libraire, sur France Culture.

 

Couv Dans mon oreille
Dans mon oreille, illustré par Henri Galeron, aux éditions Motus (12 septembre 2013).

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