Samedi 23 mai,
à partir de 16 h,
présentation et signature de Liquide
à la librairie Labyrinthes,
passage Chasles à Rambouillet.
(A suivre) - L.Bassmann (2) - S.Beckett - Th.Beinstingel - G.Bergounioux (2) - A.Bertina - JL.Caizergues (2) - P.Chamoiseau -E.Chevillard (2) (3) - M.Cosnay (2) (3) - JL.Coudray - D.da Silva - M.Desbiolles - A.Dickow (2) - R.Federman (2) (3) - H.Frappat - Ph.Garnier - S.J.Gould - D.Grozdanovitch - Hergé - Homère - B.S.Johnson (2) - P.Jourde (2) - J.Lafargue - JMG.LeClézio - A.Lefranc - D.Mémoire - H.Michaux - C.Minard - H.Mingarelli - R.Morgiève (2) - Munoz et Sampayo - Ovide - P.Petit (2) (3) (4) (5) (6) - H.Pinter - V.Pittolo - C.Portier - N.Quintane - J.Sautière - E.Savitzkaya (2) (3) - M.Sonnet - R.Verger - A.Volodine - C.Wajsbrot -
Tu sens bien qu’il y a toutes sortes de choses, d’ailleurs, qui persistent autour de toi, dans ta vie, avec ta
bénédiction, ou du moins ton accord tacite, et qui n’ont plus de raison
d’être – sinon de rappeler, telles des traces, des fossiles discrets, qu’ici ou là quelque chose a existé et n’est plus. Tu regardes autour de toi, tu cherches vaguement des pendules en panne,
des livres lus, des bouquets fanés ; et si elles t’échappent encore, ces traces, c’est parce qu’elles sont plus imperceptibles encore, ou que ton regard n’est pas assez affûté.
Il s’arrête, soudain, ton regard, il croit avoir trouvé sa proie : un dessin de toi, de l’époque où tu dessinais, que tu avais pris la peine d’encadrer, est encore accroché au mur du couloir. Certes il a occupé de meilleures places, dans tes appartements précédents, pourtant nettement moins vastes. Tu te souviens que quand tu l’as accroché ici, au moment de ton emménagement, tu t’es dit que le trait était bien pâle, qu’il fallait pouvoir le regarder de près, que la distance ne lui valait rien. Et c’est vrai qu’il est pâle, maintenant que tu le regardes, vraiment, pour la première fois peut-être depuis que tu habites ici, et peut-être depuis plus longtemps encore : la couleur bleu vif dont tu crois bien te souvenir a viré à une sorte de gris vaguement bleuâtre, la plupart des détails, dont tu te souviens encore nettement, ont presque disparu ; il est clair que l’encre que tu as utilisée était de mauvaise qualité. Cependant, ce n’est pas vraiment l’effacement du dessin qui t’intrigue ; c’est le fait que toi, qui es passé devant tous les jours, tu ne t’en sois pas rendu compte, que tu ne t’en sois rendu compte qu’une fois le processus pour ainsi dire achevé, et le bois doré encadrant une feuille quasi blanche.
Par temps clair, p. 79-80
Parce que celui-là, dernier publié pourtant, je me rends compte à l’improviste qu’il est déjà bien effacé lui aussi, de ma mémoire – conformément (plus qu’une coïncidence) à son propos. Il a déjà cédé la place, il y a longtemps.