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- Samedi 14 juin de 17h à 18h, Pierre Jourde, Guy Goffette et moi-même étions les invités d'Augustin Trapenard pour son émission le Carnet d'or, qui portait sur le thème de la réécriture.

21 décembre 2008 7 21 /12 /décembre /2008 00:26

J’oubliais souvent mon père au jardin municipal. Des semaines entières, assis sur un banc face aux toboggans et aux balançoires, il attendait, sans trop désespérer, que je vienne le récupérer. J’avais entre cinq et sept ans et l’esprit facilement occupé ailleurs. Il fallait donc que quelque chose, une association d’idées, me rappelle l’existence de mon père. Une miette de pain, un journal déchiré. Pourquoi une miette de pain, pourquoi un journal déchiré ? Je ne sais plus. Parfois la présence d’un membre de ma famille suffisait à provoquer le déclic. Et aussi la présence de ma mère. Car il arrivait que la présence de ma mère me rappelle l’existence de mon père.

Alors, pris de panique, je me ruais vers le jardin, parfois au milieu de la nuit. Et là, je trouvais une petite chose ratatinée qui attendait mon retour dans un demi-sommeil. Mon père avait une capacité de survie extraordinaire. Il n’attirait pas l’attention. Personne n’aurait eu l’idée de lui demander ce qu’il faisait là, et pourquoi il restait sur son banc après la fermeture des grilles. Il bénéficiait d’une sorte d’immunité qui lui aurait permis, par exemple, de passer la nuit dans un musée ou dans une banque. Mais il n’en a jamais tiré parti.

Me voyant apparaître, mon père se levait et nous rentrions à la maison sans prononcer un mot. Jamais un reproche de sa part. Pas même une tentative d’explication. Ce n’est que plus tard, par des allusions et des sous-entendus, que je compris qu’un fossé se creusait entre nous. Car bien qu’il me fût toujours difficile de me souvenir de mon père, je partais à sa recherche aussitôt que son existence me revenait à l’esprit. Lui, au contraire, ne cessait jamais de penser à moi, son fils, dont il attendait le retour, mais en souhaitant confusément que ce retour ne se produise jamais.

 

Philippe Garnier, Mon père s’est perdu au fond du couloir, Melville, 2005, p. 9-10.

 

 

 

C’est le caractère « familial » de la troisième partie de Mon suicide – celle qui donne son titre au recueil – qui m’a rappelé cette lecture plus ancienne, familiale aussi ; décalée aussi, avec élégance. Ci-dessus la section liminaire, la plus courte (il y en a onze, les choses allant ensuite s’aggravant ; au cours d’un texte qui – je le précise, un simple extrait pouvant prêter à confusion – n’a rien d’un roman ; c’est plutôt la déclinaison d’un thème).

Philippe Garnier en a publié un depuis, précisément, de roman ; et même un roman « de plage », qui vaut aussi le détour (on peut d’ailleurs ici en lire deux extraits). Roman vraiment, mais de plage juste par le décor – juste et ironique contrepoint au thème obsédant de l’enfermement (le livre peut accessoirement servir d’argument à opposer aux éventuels désirs filiaux ou maritaux de club de vacances). L’enfermement, on l’a déjà, dans Mon père s’est perdu au fond du couloir. C’est à l’évidence un motif essentiel chez Philippe Garnier, et un thème qui me parle aussi, sans doute.

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commentaires

PhA 24/12/2008 11:53

Et les petites Catherine non plus ne courent plus les rues ni les cours de récréation, hélas... Haut les coeurs !

cathe 24/12/2008 11:29

Comme je vois que la discussion continue, j'aimerais que vous preniez aussi en compte les Catherine dont je suis ;-)  Comptez le nombre de Catherine que vous connaissez autour de vous.....Même quand je téléphone à des amis proches, je n'oublie pas de donner mon nom de famille sous peine de quiproquos ;-))

PhA 23/12/2008 14:27

C'est bien vrai que Martine aura éternellement le teint frais et les joues rondes, et aussi que François est un indémodable : les petits François sont, me semblent-ils, aussi nombreux que leurs aînés - les Philippe, en revanche, sont vraiment en voie de disparition, et cette catastrophe passe complètement inaperçue, nul ne s'en soucie ; certains même peut-être s'en réjouisse - je ne suis d'ailleurs pas loin de soupçonner là l'existence d'un complot, que dis-je, j'en suis sûr !

François Matton 23/12/2008 13:21

Je ne suis pas d'accord avec ms : s'appeler Martine c'est rester éternellement jeune par association à "Martine à la plage", "Martine au cirque", etc.Tapez "Martine" dans Google, c'est la première chose qui apparaît.Quant à "Philippe", je pense que c'est un peu comme pour "François" : classique et indémodable.(Mais d'où me vient cet optimisme à propos des prénoms ?)

gmc 22/12/2008 17:29

FLOU FLOUVoir flouC'est voir artistiqueSortir du nombrilisme aiguQui agite les forêtsVoir flouC'est peindreLa vie en roseSoit doncEn sa couleur naturelleN'en déplaise aux géomètresDont la folie a inventéLa précision des aliénés

 

Rien (qu'une affaire de regard) couv

Mon premier roman, indisponible depuis des années, fait l'objet d'une réédition revue et corrigée, chez Quidam éditeur bien sûr, sous le titre Rien (qu'une affaire de regard). (Mars 2014)

La quatrième de couverture.

L'accueil de la critique.

Le Carnet du Libraire, sur France Culture.

 

Couv Dans mon oreille
Dans mon oreille, illustré par Henri Galeron, aux éditions Motus (12 septembre 2013).

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